Dohas : Chants de réalisation

Ici toutes citations courtes vous ayant "touché", "parlé"...

Dohas : Chants de réalisation

Messagede Seunam Gyamtso » Ven 24 Juil 2009 08:11

Bonjour,

Les dohas sont des chants de réalisation composés spontanément par des pratiquants.
Il sont en général très inspirants. L'auteur le plus connu est Milarépa, a travers ces 100000 chants, mais d'autres exemples sont traduits en fraçais : des chants de Shabkar, yogi tibétain, des chants des maitres de la lignée Shangpa kagyu (Les chants de l'immortalité), des chants des maitres de la lignée Karma Kagyu (L'ondée de sagesse), etc.

Je propose dans ce sujet que nous partagions les dohas qui nous ont le plus inspiré.

Amicalement,
Par le mérite engendré par ma pratique du don et des autres perfections,
puissé-je réaliser l'éveil pour le bien de tous les êtres.
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Re: Dohas : Chants de réalisation

Messagede Guelek Dorjé Tenzin » Ven 24 Juil 2009 09:47

Je suis Milarépa, le meilleur des yogis.
Je suis celui qui pourchasse le visage des apparences,
Celui qui accueille tous les souhaits.
Je suis un yogi sans opinions,
Celui qui ne s'empresse jamais, quoi qu'il advienne.
Je suis le renonçant sans vivres,
Le mendiant sans possessions,
Le vagabond nu.
Je suis celui qui a vaincu toutes les pratiques,
Je demeure ici mais n'y réside pas,
Je suis un Fou, heureux de la mort,
Je ne possède rien, je n'ai besoin de rien.


Devant mon père, je me prosterne...
Que la nuit vous apporte la lumière
SARVA MANGALAM!
Guelek
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Re: Dohas : Chants de réalisation

Messagede Sönam » Dim 26 Juil 2009 16:40

version "poétisée" pour le comité de traduction MarpaRimé ...

amoureux4
Sönam


Dohakosa de Saraha
« Le Chant Royal »


Doha mdzod spyod pa'i glu: Dohakosa nama caryagiti

HOMMAGE A ARYAMANJUSRI
Hommage au destructeur d’énergie démoniaque

Le vent fouette les eaux calmes et les transforme en rouleaux et brisants;
De l’unité le roi fabrique de nombreuses formes,
Voyant tant de visages de son unique Archer, Saraha.

Le fou bigleux d’une lampe en voit deux;
Vision et voyeur en fait ne forment qu’un,
Vous écorchés, esprits fragiles!

Toutes les lampes dans la maison s’allument,
Mais l’aveugle quant à lui est toujours dans le noir;
Sahaja envahit complètement l’espace
Mais le fou ne voit pas ce qui est sous son nez.

De même que les rivières dans l’océan sont une
Les demi vérités par l’unique vérité sont gobées;
Les effluves du soleil illuminent les coins noirs.

De l’océan les nuages prennent l’eau puis sur la terre en pluie retombent
Mais rien ne croît ni de décroît;
La réalité reste inchangée comme le ciel reste pur.

Par les perfections du Bouddha rassasié
Sahaja est l’unique essentielle nature;
Les êtres sont nés dedans et dedans y trépassent,
Et dedans pourtant il n’est d’existence ni de non-existence.

A la félicité il renonce le fou qui rôde au loin
A la recherche des plaisirs mondains;
Votre bouche est maintenant pleine de miel,
Savourez tant que vous le pouvez !

Ils essayent les fous d’éviter leurs souffrances
Le sage quant à lui leur déclame leur peine.
Bois la coupe du divin nectar
Pendant que d’autres s’affament d’ordinaires apparences.

De saletés les mouches s’enivrent, mais du parfum du bois s’éloignent;
Du nirvana l’homme s’écarte par sa seule confusion,
Assoiffé du grossier ainsi que du vulgaire.

Par la pluie la trace du sabot est remplie
Et s’évapore dés que le soleil brille;
Les imperfections d’un esprit parfait,
Dans la perfection se dissolvent.

L’eau salée de la pluie par les nuages s’adoucit;
Le venin de la passion
Dans l’esprit fort et sans soi devient un élixir.

Libre de peine est l’indicible;
Non méditer est rempli de plaisir.
Quoi que craignant le dragon hurlant
La pluie tombe des nuages et fait mûrir la moisson.

La nature de début et fin est ici maintenant,
Et sans le dernier le premier n’existe;
Rationnel le fou l’inconcevable conçoit
Et de la compassion le vide il sépare.

De naissance les abeilles savent
Que de la fleur le miel arrive;
Comment le fou peut il savoir
Que samsara et nirvana sont un?

Dans le miroir il se regarde
En étranger le fou se voit;
La vérité l’esprit l’a égaré
Il sert la fausse vérité apparente.

Intangible est le parfum des fleurs
Mais de leur réalité l’air est rempli,
Les cercles du mandala sont perçus
Par une présence sans forme.

Par un vent glacé l’eau calme se givre
Empesées et ébréchées sont les formes que le gel durci;
Par de critiques concepts l’esprit s’agite
Puis l’informé durcit et enfin se contracte.

De par sa seule nature l’esprit immaculé
Samsara et nirvana vaseux ne peuvent l’éclabousser;
Mais tout comme un joyau dans un marais perdu
Bien qu’il garde tout son lustre il ne scintille plus.

Paresseux le mental croît et décroît la pure conscience;
Paresseux le mental croît et croît aussi la souffrance.
De la graine viennent les pousses et les feuilles de la branche.

Du un et du multiple L’esprit se sépare
La lumière s’affaiblit et des royaumes d’en bas nous parcourons les pistes;
Qui plus que lui de la pitié mérite
Lui qui dans le feu les yeux grands ouverts parle?

Obsédé par les joies de sexuelles étreintes
Les ultimes vérités le fou croit savoir;
Comme quelqu’un devant sa porte assis
Flirtant, il bavarde sur le sexe.

Le vent se déplace dans la Maison du Vide
Excitant les fantasmes d’émotionnels plaisirs;
Chutant des espaces célestes, meurtri,
Le vagin tourmenté quand à lui est parti.

Comme le riz et le beurre pris par un brahman
En sacrifice à la flamme finissent par être donnés,
Comme l’ambroisie céleste il voit le matériel
Et d’un rêve se leurre de croire à l’ultime réalité.

Illuminant dans la fontanelle la Maison de Brahmâ
Caressant l’uvala d’un injustifié délice,
Confus, prenant le plaisir feint pour l’esprit libéré,
Le fou vaniteux se surnomme yogi.

Il dit que la vertu de la conscience fondamentale ne vient,
Il confond ainsi la serrure et la clé;
Ignorant du joyau la véritable nature
D’avec de l’émeraude le fou confond le verre seulement coloré.

Son esprit prend le cuivre pour de l’or,
Et l’apogée d’expériences momentanées pour la réalité accomplie;
Cramponné aux joies de rêves éphémères
Eternelle extase sa vie courte et bon marché il nome.

Par l’analyse il comprend le symbole EVAM,
Par l’analyse il crée quatre sceaux dans le temps,
Sahaja il étiquette le sommet de ses expériences;
Mais d’un reflet erroné au miroir Il reste attaché.

Comme le cerf perplexe s’abreuve dans l’eau d’un mirage
Les fous d’ignorance s’abreuvant s’attachent aux formes externes
Et de leurs soifs inassouvies, limités et confinés,
Ils idéalisent leurs prisons, prétendant qu’ils sont heureux.

Relatif le réel est libre d’intellectuelles constructions,
Et l’esprit véritable ultime, actif ou tranquille, est non esprit,
Ceci est la suprême, la plus grande des grandes, l’immaculée;
Amis, connais cette immense vérité sacrée!

L’esprit absorbé dans un samadhi sans concept,
La passion est parfaitement pure;
Comme le lotus dans la boue du fond du lac enraciné,
La réalité sublime par la pollution de l’existence n’est pas touchée.

Comme un rêve visionnaire, de toutes choses solidifiez votre vision
Ainsi la transcendance atteindrez,
Réalisation immédiate et équanimité;
L’esprit fort de l’obscurité fixe les démons
Au-delà la pensée, spontanée, votre nature est accomplie.

Les apparences n’ont cessés d’être leur original rayonnement,
Non formée, la forme n’a jamais eu de substantielle nature préhensible;
Elle n’est que le continuum d’une unique méditation,
Dans l’inactif, l’immaculé, esprit méditatif, sans esprit.

Le Je est intellect, esprit et formes de l’esprit,
Je le monde, un spectacle d’apparence très étrange,
Je la variété infinie de la vision-voyeur,
Je le désire, la colère, la paresse mentale –
Je la bodhicitta.

Maintenant une lampe dans l’obscurité spirituelle est allumée
Guérissant les fissures produites par l’intellect
Ainsi sont effacés tous les défilements mentaux.
Qui peut définir la nature du détachement?

Il ne peut être nié ni non plus affirmé,
Et, imprenable, il est inconcevable.
A la conceptualisation les fous sont attachés,
Alors que l’immaculé sahaja est libre de tous concepts

L’unité et la multiplicité, de concepts d’intégration n’amènent;
Seulement par la conscience la liberté les êtres atteignent.
Connaissance du rayonnement est une méditation immense;
Demeurant dans le calme, l’esprit tranquille.

Atteignant la terre de la joie matérialisée
L’énergie de la vue s’étend,
Et viennent la joie et les rires;
Même les objets recherchés ne sont pas séparés.

De la joie, les germes du pur plaisir émergent,
Débordant du fleurissement du plaisir suprême,
Et aussi longtemps que le flot s’écoulant est contenu
L’indicible félicité sûrement à maturité parviendra.

Quoi, où et par qui ne sont rien,
Maintenant dans son entier l’évènement est impératif.
Que ce soit l’amour et l’attachement ou l’insensibilité au désir
La forme de l’évènement est le vide.

Comme des porcs nous nous vautrons dans la boue de la sensualité
Mais que peut tacher notre esprit nacré?
Rien ne peut jamais le contaminé,
Et par rien nous ne serons jamais limités.
Sönam
 

Re: Dohas : Chants de réalisation

Messagede Guelek Dorjé Tenzin » Ven 31 Juil 2009 15:29

Milarépa chanta:


Milarépa, donnant un enseignement à une de ses disciples, lui dit dans un chant:

Médite la nature non née de l’esprit :
Comme l’espace sans centre ni périphérie ;
Comme soleil et lune, lumineux et clair ;
Comme la montagne, immuable et imperturbable,
Comme l’océan, profond et insondable.


Cette femme pratiqua pendant un certain temps, après quoi elle revint voir Milarépa et lui chanta :

Je suis heureuse de méditer comme l’espace,
mais déconcertée par les nuages et la brume qui y apparaissent ;
Je suis heureuse de méditer comme soleil et lune,
mais déconcertée par les étoiles et planètes qui s’élèvent avec eux ;
Je suis heureuse de méditer comme l’océan,
mais déconcertée par les vagues et les remous qui s’y forment,
Je suis heureuse de méditer comme la montagne,
mais déconcertée par les plantes et les fleurs qui poussent,
Je suis heureuse de méditer la nature non née de l’esprit,
mais déconcertée par les pensés et l’imagination qui en émergent ;
Maître, veuillez m’instruire sur celles-ci.


Milarépa vit qu’elle avait eu une bonne expérience de méditation et lui répondit par un autre chant :

Dans la méditation comme l’espace,
nuages et brumes sont ses agréments ;
reste en leur étendue sans centre ni périphérie.
Dans la méditation comme le soleil et la lune,
étoiles et planètes sont ses ornements ;
reste en leur espace lumineux et clair.
Dans la méditation comme une montagne
plantes et fleurs sont ses parures ;
reste en leur sphère immuable et imperturbable.
Dans la méditation comme l’océan,
vagues et remous sont ses mouvements ;
reste en leur sphère profonde et insondable.
Dans la méditation de la nature non née de l’esprit,
pensées et imagination sont ses manifestations ;
reste en leur immensité vaste et lucide.



Amicalement,
Que la nuit vous apporte la lumière
SARVA MANGALAM!
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Re: Dohas : Chants de réalisation

Messagede Seunam Gyamtso » Lun 21 Sep 2009 12:43

Chant de la nature de l'esprit, par Milarépa

Milarépa chanta :

Quand je médite la suprême attitude,
Je reste sans effort au faîte de la vraie nature des choses.
Détendu, je m'établis dans une sphère sans agitation,
Dans la clarté de l'ouverture d'être,
Dans la connaissance de l'état de félicité,
Dans la splendeur éclatante de la non-délibération,
Dans la sérénité face aux multiples manifestations.

Ainsi établi en la nature de l'esprit,
Sans trouver d'obstacles, la compréhension décisive paraît.
Sans effort, la clairvoyance accomplit toutes tâches.
Quel bonheur que ce Fruit qui n'est pas resté simple souhait !
Quel plaisir que d'avoir abandonné les espoirs et les craintes !
Les illusions devenues sagesse ultime, quelle joie !Ainsi a-t-il chanté. -

Décidément, rien ne sort de votre bouche sinon la langue, reprit le Teunpa.
Mêmes excellentes, vos paroles semblent de mauvaises imitations.
Parlez-nous donc du Lama qui vous instruit !
Le Jetsün répondit :

- Parce que j'ai en mon esprit étudié, les apparences m'ont servi de livres.
Si l'on ne s'abstrait pas du monde visible, on reste attaché aux textes.
Je reconnais toutes les manifestations comme des projections de l'esprit
et celles-ci précisément sont le Lama qui identifie l'esprit à la claire lumière.
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Re: Dohas : Chants de réalisation

Messagede Seunam Gyamtso » Lun 21 Sep 2009 12:51

Pas de Naissance ni fondement, seulement l'Union. MILAREPA



La vraie nature des apparences est qu'elles ne sont jamais nées:
Si leur naissance semble exister, c'est signe d'attachement.

La vraie nature du samsara est libre d'origine:
S'il semble avoir un fondement c'est seulement une idée.

La vraie nature de l'esprit est union inséparable:
S'il semble qu'elle soit dispersée c'est qu'on s'attache à une vue.

La vraie nature du lama est de maintenir la lignée:
Qui bâtit ses théories, celui-ci n'a rien compris.

L'esprit, en réalité, est semblable au ciel
Les pensées, semblables aux nuées, l'assombrissent de leurs voiles.

Un lama, pourvu des qualités, possède les instructions
Qui dissipent ces nuées, en agissant comme le vent.
Même les pensées, concepts imagines, brillent par leur clarté.

Soleil et lune, les expériences, lumineuses, se lèvent.
Au-delà des dix directions, au-delà des trois temps,
La clarté resplendit, insaisissable, inexprimable.
La certitude scintille à l'infini comme les étoiles dans le ciel.

Tout ce qui manifeste, est source de grand délice,
Naturel et sans artifice, corps , absolu de vacuité.
Les apparences conditionnées, six collections, sont vacuité

Là où tout est spontané, non souillé d'émotions,
Au coeur de cet endroit spacieux, naturel, de repos,
La sagesse non dualiste a établi demeure,
Et les trois corps y sont à jamais unis. C'est merveilleux!

Traduction:Claudine Mona 3 Juillet 2002.
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