La Guirlande de vues, par Padmasambhava

Au sein du mahayana s'est développée une approche spécifique, celle des tantra, textes issus du Bouddha dont les pratiques font appel à un symbolisme et à différentes méthodes spirituelles ou yogas.

La Guirlande de vues, par Padmasambhava

Messagede Seunam Gyamtso » Sam 5 Déc 2009 09:26

Bonjour,

Ces instructions de Padmasambhava expliquent succinctement les différentes vues bouddhistes et autres.
Il ne sagit pas de critiquer les êtres qui ont d'autres vues, mais d'examiner nous même notre propre esprit, qui oscille souvant inconsciemment entre ces différentes vues, afin de les rendre consciente et pouvoir travailler sur celui ci, nous aidant dans notre chemin vers l'éveil.

Instructions spéciales intitulées
La Guirlande de vues
Aide-mémoire qui explique
succinctement les différences entre
les vues ou les véhicules

Guru Padmasambhava



Hommage aux seigneurs Mañjushrî-Kumârabhûta et Vajradharma !
Les êtres du monde ont d’innombrables « vues » erronées qui peuvent se ramener à quatre :
le « matérialisme irréfléchi » des « Indifférents », le matérialisme motivé des Chârvakas,
le matérialisme extrême des « Extrémistes », et les voies non bouddhistes.
Par le mérite engendré par ma pratique du don et des autres perfections,
puissé-je réaliser l'éveil pour le bien de tous les êtres.
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Re: La Guirlande de vues, par Padmasambhava

Messagede Seunam Gyamtso » Dim 6 Déc 2009 09:09

Les Indifférents ne savent pas si les choses
ont, ou non, des causes et des effets ; ils
sont totalement ignorants.

Les Chârvakas n’envisagent pas l’existence
de vies passées et futures. Ils s’attachent
à acquérir la puissance, la richesse et le
pouvoir pour cette seule vie en s’appuyant
sur la connaissance secrète des maîtres
mondains.

Pour les Extrémistes, rien n’a de cause ni
d’effet. Ceux-là considèrent que tout ce qui
arrive dans la vie surgit de façon accidentelle
pour finalement retourner au néant.
Les adeptes des voies non bouddhistes,
ayant des idées fictives sur tout, croient à
un soi éternel. Certains croient qu’il peut
y avoir des effets sans causes ; certains
se méprennent sur la causalité ; d’autres
pensent qu’il peut y avoir des causes sans
effets. Voilà autant de points de vue ignorants.
Par le mérite engendré par ma pratique du don et des autres perfections,
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Re: La Guirlande de vues, par Padmasambhava

Messagede Seunam Gyamtso » Dim 6 Déc 2009 09:27

La voie supramondaine présente elleaussi deux aspects :
le véhicule des caractéristiques et le véhicule de diamant.

À son tour, le véhicule des caractéristiques présente trois aspects :
le véhicule desauditeurs, le véhicule des bouddhas-par-soi et le véhicule des bodhisattvas.

Les auditeurs pensent que le point de
vue des non-bouddhistes et des autres sur
toutes choses – celui des nihilistes qui pensent
que [les vies passées ou futures] n’ont
jamais existé, et celui des éternalistes qui
croient à la réalité des choses – est purement
imaginaire, soit parce qu’ils croient
à l’existence de ce qui n’est pas, soit parce
qu’ils nient l’existence de ce qui est. Pour
les auditeurs, [ces concepts] n’ont pas plus
de réalité que le serpent que l’on croit voir
à la place d’une corde.
[En revanche,] ils pensent que les particules
infimes des quatre grands éléments
[qui composent] les agrégats, les domaines,
les entrées et ainsi de suite, de même que
[les instants de] conscience existent en vérité
absolue. Ils méditent sur les quatre nobles
vérités et progressivement atteignent
les quatre fruits [de leur voie].

Les adeptes du véhicule des bouddhaspar-
soi, comme les auditeurs, nient l’existence
du soi éternel et les autres choses
que les non-bouddhistes imaginent en
croyant à ce qui n’est pas et en ne croyant
pas à ce qui est.
Ils se démarquent [toutefois des auditeurs]
en ce qu’ils « réalisent » qu’une
partie de l’agrégat de la matière n’a pas de
soi. De même, pour atteindre le fruit qu’est
leur Éveil, ils ne s’appuient pas sur un ami
de bien comme les auditeurs, mais la force
de leurs habitudes antérieures leur permet
de réaliser le sens profond du réel [en méditant]
sur les douze facteurs de la production
interdépendante, et c’est ainsi qu’ils
atteignent le fruit de leur Éveil.
Par le mérite engendré par ma pratique du don et des autres perfections,
puissé-je réaliser l'éveil pour le bien de tous les êtres.
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Re: La Guirlande de vues, par Padmasambhava

Messagede Seunam Gyamtso » Mar 8 Déc 2009 14:58

Pour les bodhisattvas toutes choses, que
ce soit dans le domaine pollué du samsâra
ou dans le domaine pur du nirvâna, sont
dépourvues de nature propre en vérité absolue.
En vérité relative, elles existent comme
de simples illusions tout en gardant leurs
caractères particuliers.
D’autre part, la pratique des dix vertus
transcendantes a pour résultat de les faire
progresser dans les [dix] terres, avec pour
résultat final l’Éveil insurpassable.

Le véhicule de diamant présente à son
tour trois aspects : le véhicule des tantras
d’action (kriyâtantra), le véhicule des tantras
mixtes (ubhayatantra) et le véhicule du
yoga (yogatantra).

Vue des adeptes du véhicule de l’action
: [sur la base de] la vérité absolue,
où il n’existe rien de tel que naissance et
cessation, [la pratique consiste,] en vérité
relative, à méditer sur le corps formel
d’une déité [en visualisant] l’image de ce
corps, les emblèmes de son esprit, et [en
procédant aux] récitations. Ce qui, avec
[les pratiques de] propreté, [le respect du]
calendrier, des planètes, des constellations
et ainsi de suite [vaut pour] l’essentiel, jusqu’aux
accomplissements issus du pouvoir
[qui résulte] de la conjonction des objets
matériels et de [toutes] les causes primaires
et secondaires [du samâdhi].

Vue des adeptes des tantras mixtes :
depuis la vérité absolue où il n’est pas de
naissance ni de cessation,
[l’adepte] médite, en vérité relative, sur
le corps formel d’une déité. Il atteindra
l’accomplissement grâce au samâdhi de la
méditation sur les quatre « principes essentiels
» combiné aux objets matériels et
aux autres causes primaires et secondaires.

La vue des adeptes du véhicule des tantras
du yoga présente deux aspects : le
véhicule des tantras du yoga extérieur de
l’ascèse et le véhicule des tantras du yoga
intérieur des méthodes.

Vue des adeptes du véhicule des tantras
du yoga extérieur de l’ascèse : les [pratiques]
extérieures et les objets ne sont pas
tenus ici pour essentiels. [L’adepte] médite
sur des dieux et des déesses qui, en vérité
absolue, n’ont pas de naissance ni de
cessation ; dans un samâdhi qui rend son
continuum mental aussi pur que les déités,
[l’adepte] médite sur la forme d’un corps
sublime en appliquant les quatre sceaux. Il
atteindra l’accomplissement en se concentrant
essentiellement sur ce yoga.

Vue des adeptes du véhicule des tantras
du yoga intérieur des méthodes : ce yoga
se subdivise en trois méthodes : méthode
de création, méthode de perfection et méthode
de grande perfection.

Méthode de création : la méditation qui
conduit à l’accomplissement commence ici
par la production successive des trois samâdhis,
puis par la construction graduelle
du mandala.

Méthode de perfection : en vérité absolue,
les dieux et les déesses n’ont pas
de naissance ni de cessation, et c’est sans
dévier de la dimension absolue, la voie médiane
au-delà des pensées, que, en vérité
relative, [l’adepte] médite en visualisant
clairement la forme corporelle d’un être
sublime. En méditant sur les choses comme
étant égales mais distinctes, on atteint l’accomplissement.

Dans la grande perfection, on médite en
réalisant que toutes choses mondaines et
supramondaines sont inséparables car elles
sont les mandalas du corps, de la parole et
de l’esprit [des bouddhas] depuis toujours.
On peut le lire dans le Tantra de la Matrice Secrète :

Les membres du corps de diamant
Sont connus comme étant
les cinq parfaits bouddhas ;
Tous les nombreux champs d’accès
de la conscience et les domaines
Constituent le mandala même des bodhisattvas.
La terre est Lochanâ, l’eau Mâmakî,
Le feu Pândaravâsinî, le vent Târâ
Et l’espace Dhâtvîshvarî :
Les trois mondes sont parfaitement
purs depuis toujours.


Ainsi, puisque toutes choses du samsâra
comme du nirvâna ne sont jamais nées et
que l’illusion de leur efficience est depuis
toujours assimilable aux dix sugatas masculins
et féminins, et ainsi de suite, toutes
choses se trouvent naturellement au-delà de la souffrance :
les cinq éléments sont les cinq mères ; les
cinq agrégats sont les bouddhas des cinq
familles ; les quatre consciences sont les
quatre bodhisattvas [de l’esprit] ; les quatre
objets sont les quatre déesses de beauté ;
les quatre organes des sens sont les quatre
bodhisattvas [du corps] ; les quatre temps
sont les quatre déesses d’offrande.

L’organe du toucher et la conscience
correspondante, de même que ses objets et
l’esprit d’Éveil [ou la conscience mentale]
qui en provient sont les quatre [gardiens]
terribles ; l’éternalisme, le nihilisme et les
deux autres extrêmes [du jugement] sont
les quatre [gardiennes] terribles.
La conscience mentale n’est autre que
l’esprit d’Éveil, l’indestructible Samantabhadra.
Ses objets, les choses conditionnées
et inconditionnées, sont Samantabhadrî,
la matrice de tous les phénomènes.
Toutes ces entités sont depuis toujours
des bouddhas manifestes et parfaits, et non
des produits de la voie.

Ainsi, aucune des entités conditionnées
et inconditionnées [que l’on peut trouver]
dans les dix directions de l’espace, dans les
trois moments du temps ou dans les trois
mondes n’a d’existence hors de l’esprit de
chacun, comme on peut le lire :
L’esprit de chacun, la conscience discriminante :
Voilà précisément l’Éveil des bouddhas ;
Voilà les trois mondes
Et voilà les grands éléments.

Et encore :
Toutes choses se trouvent dans l’esprit.
L’esprit se trouve dans l’espace.
L’espace ne se trouve nulle part.

De même :
Toutes choses sont dépourvues d’essence propre.
Toutes choses sont parfaitement pures depuis l’origine.
Toutes choses sont entièrement lumineuses.
Toutes choses se trouvent par nature au-delà de la souffrance.
Toutes choses sont des bouddhas manifestes et parfaits.

Telle est la grande perfection.

La méthode de la grande perfection :
[Note de l’auteur : La méthode de la grande perfection
est cette méthode dans laquelle les accumulations
de mérites et de sagesse sont parfaites et
le fruit se trouve spontanément accompli.] La foi
convaincue dans la méthode de la grande
perfection s’acquiert par la voie des quatre
réalisations. Les quatre réalisations sont :
1) réalisation de la cause unique,
2) réalisation au moyen de syllabes,
3) réalisation par les bénédictions, et
4) réalisation directe.

La réalisation de la cause unique : comme,
en vérité absolue, les choses ne sont
pas nées, elles ne sont pas différentes les
unes des autres ; en vérité relative, elles
ne sont pas différentes non plus en tant
qu’elles ont les caractéristiques d’une illusion
magique. Ce non-né apparaît, comme
les reflets de la lune dans l’eau, sous l’aspect
de mille illusions capables de produire
des effets. Ces illusions sont dépourvues
d’essence et donc non nées. C’est ainsi que
leurs vérités absolue et relative sont inséparables
: ce que réalisant, on réalise qu’elles
ont une seule et même cause.

La réalisation par le moyen des syllabes :
le sans-naissance de toutes choses est [la
syllabe] A qui représente la parole [des
bouddhas] ; que leur sans-naissance apparaisse
sous forme d’illusions magiques et
soit efficient est O, qui représente le corps
[des bouddhas] ; la conscience éveillée qui
réalise qu’il en est ainsi est la sagesse illusoire,
dépourvue de centre comme de périphérie,
[la syllabe] OM : telle est la « réalisation
par les syllabes ».

La réalisation par les bénédictions : il en
est comme de la garance qui a le pouvoir
de « bénir » en rouge un tissu blanc : le
pouvoir de réalisation de la cause unique et
le pouvoir de la réalisation par les syllabes
donnent le pouvoir de « bénir » toutes choses
en bouddhas.

La réalisation directe : le fait que toutes
choses soient bouddhas depuis toujours
n’est pas en contradiction avec les textes
ni les instructions mais ne s’appuie pas
simplement sur la lettre des textes et des
instructions. C’est par notre propre conscience
éveillée que la foi convaincue surgit
dans les profondeurs de notre esprit, [donnant
lieu à] la réalisation directe.

La foi convaincue dans la voie est la voie
yogique de l’intelligence même de ces
quatre réalisations. Elle ne dépend pas du
moment où une cause [extérieure] produit
un effet, mais de notre propre réalisation directe.
Trois caractéristiques essentielles sont
nécessaires [à ces réalisations] pour qu’elles
atteignent leur stade ultime. La caractéristique
de la connaissance : la claire
compréhension des quatre réalisations ; la
caractéristique de la mise en application :
la familiarisation assidue avec ces réalisations
; et la caractéristique du fruit : l’actualisation
grâce à l’habituation.

Ces trois caractéristiques présentent un
lien, une finalité et un but ultime que nous
allons montrer.

Le lien : tout ce que l’on conçoit comme
les phénomènes du tout-pollué (samsâra)
et du tout-pur (nirvâna) a pour essence le
corps, la parole et l’esprit [des bouddhas] ;
[tout cela] est par nature la dimension absolue
des bouddhas. La réalisation du sens
des « bénédictions » est la caractéristique
de la connaissance de la cause. Elle établit
le lien [avec le but] en tant que cause
de l’accomplissement de l’insurpassable bouddhéité

La finalité : tout ce que l’on désigne sous
l’appellation de phénomènes du tout-pollué
(samsâra) et du tout-pur (nirvâna), de
cinq « médecines », de cinq « ambroisies »,
etc. est parfaitement égal en tant que
bouddha depuis toujours. En jouir sans rien
adopter ni rejeter, voilà la caractéristique
de l’application. Comme celle-ci permet
d’accomplir l’insurpassable bouddhéité,
c’est la finalité.

Le but ultime : tout ce que l’on désigne en
les différenciant comme les phénomènes du
samsâra et du nirvâna, les cinq médecines
et les cinq ambroisies est bouddha depuis
toujours. Or, comme dans cet état de grande
égalité, où il n’y a rien à adopter ou à rejeter,
tout est spontanément présent, il s’ensuit
que le cercle des existences, le samsâra
lui-même, possède spontanément la nature
de la bouddhéité insurpassable et les caractéristiques
du nirvâna. Dès lors, la caractéristique
du fruit n’est autre que l’actualisation
de la roue des ornements inépuisables
du corps, de la parole et de l’esprit [des
bouddhas], ce qui représente le but ultime.

À cette fin, on s’appliquera au yoga dans
lequel l’approche, la proximité, l’accomplissement
et le grand accomplissement se
trouvent spontanément présents.

L’approche consiste à connaître l’esprit
d’Éveil, autrement dit, à réaliser, sans recourir
à la pratique d’une voie ou à l’artifice
d’un antidote, que toutes choses possèdent
depuis toujours la nature de bouddha.

La proximité consiste à se reconnaître
comme déité et à réaliser que, du fait que
toutes choses sont bouddhas depuis toujours,
[l’adepte] lui-même est déité depuis
toujours et qu’il n’est pas en train de se « déifier ».

L’accomplissement se réfère à la visualisation
des mères. C’est la réalisation que,
depuis la dimension de l’espace, la Grande
Mère, l’espace lui-même se manifeste
comme les grandes mères terre, eau, feu et
vent, et que celles-ci sont depuis toujours
les mères accomplissant toute activité.

Le grand accomplissement est union des
méthodes habiles et de la connaissance suprême.
« Depuis » la connaissance suprême
des cinq grandes mères et de la vacuité, le
ciel des mères, apparaissent les cinq agrégats,
pères de tous les bouddhas, avec lesquels
elles sont unies depuis toujours, sans
souhait. De cette union se déploient des
manifestations de l’esprit d’Éveil sous l’aspect
de bodhisattvas masculins et féminins.

Ces dernières sont bouddhas depuis
toujours, et c’est en ce sens que l’illusion
prend ses ébats avec l’illusion. À cet instant
précis où [toutes les déités] jouissent du
flot d’illusions de la félicité suprême, elles
maîtrisent parfaitement le sans-caractéristiques,
l’absence de représentation mentale,
qui, égale à l’espace, est spontanément
présente. Les quatre Mâras sont soumis et
l’ultime dessein est accompli.

Comme toutes choses sont parfaitement
pures dès l’origine, elles forment le mandala
suprême depuis toujours, le palais
infiniment immense qui comble tous les
souhaits. Pour y pénétrer, il faut ouvrir les
yeux par l’étude des textes du véhicule des
méthodes. La réalisation du sens de ces
textes correspond à la vision du mandala.
L’habituation à ce qui a été réalisé correspond
à l’entrée effective dans le mandala.
La réalisation qui s’ensuit correspond
[enfin] à l’obtention de l’accomplissement suprême.

Cette méthode répond au sens ultime de
la grande perfection.
C’est l’accès spontané au niveau de la
grande assemblée de la roue des lettres :
celui qui a une vivacité d’esprit supérieure
comprend que ce qui est bouddha depuis
toujours est bouddha depuis toujours, puis
il progresse à pas lents ou rapides, ce qui
ne saurait toutefois être du ressort des êtres ordinaires.

Les êtres ordinaires qui entendent [ces
enseignements] ont beau y réfléchir, ils ne
croient pas à leur vérité ni à leur profondeur.
Puisque les esprit ordinaires ont du
mal à y ajouter foi et à les comprendre, et
qu’ils ne savent pas qu’ils sont véridiques
et profonds, ils les jugent à l’aune de leur
propre expérience, pensent que tous les
autres sont dans le même cas qu’eux, critiquent
les êtres sublimes en disant qu’ils
mentent et adoptent une attitude de rejet.
Voilà pourquoi [ce véhicule] est secret au
plus haut point et qu’il a été décrété « véhicule ultra secret ».

En conséquence, si un maître oeuvre
au bien des êtres à l’aide des véhicules
inférieurs jusqu’à ce qu’ils comprennent
que toutes choses sont bouddhas depuis
toujours, pour ne pas aider ses disciples en
pure perte, il devra être expert dans les défauts
du samsâra, dans les qualités du nirvâna
et dans tous les véhicules. S’il ignore
certains points, il n’est pas digne d’être
suivi : ce qui a été abondamment enseigné.

Les disciplines et les comportements particuliers
varient eux aussi avec les vues. Les
Indifférents et les matérialistes Extrémistes
ne s’astreignent à aucune discipline.
Ceux qui s’astreignent à une discipline
sont quatre : les Chârvakas et d’autres
adeptes non bouddhistes pour les ascèses
mondaines, après quoi viennent les disciplines
des auditeurs et des bodhisattvas,
puis les disciplines suprêmes.

Les Indifférents ne s’imposent pas de discipline
parce qu’ils ignorent tout de la causalité.
Les matérialistes Extrémistes n’ont
pas de discipline du fait de leur nihilisme.
Les matérialistes Chârvakas observent certaines
contraintes, comme la pratique de la
propreté, pour en tirer des avantages dans
cette vie.
Pour purifier le soi éternel, certains nonbouddhistes
imposent à leur corps des
mortifications comme les cinq pratiques de
brûlure, tandis que d’autres s’adonnent à
de perverses ascèses.

La discipline des auditeurs tient dans
cette strophe du Vinaya :
Ne commettre aucun acte nuisible
Et s’appliquer aux vertus les plus parfaites
En contrôlant parfaitement son esprit :
Voilà l’enseignement du Bouddha.
[Pour les auditeurs,] tous les actes positifs
et négatifs existent chacun séparément
et réellement, tant en vérité relative qu’en
vérité absolue ; discipline et comportement
consistent à accomplir des actes positifs en
s’interdisant les actes négatifs.

À propos de la discipline des bodhisattvas,
on considérera cet extrait des préceptes des bodhisattvas :
Ne vous laissez pas emporter par les circonstances
Et ne menacez pas avec des prodiges :
Aucune faute n’entache l’esprit vertueux
Empreint d’amour et de compassion.

Quels que soient les actes, positifs ou
négatifs, [que les bodhisattvas] accomplissent,
s’ils sont sous-tendus par la compassion,
ils n’altèrent pas les voeux, car les
préceptes des bodhisattvas peuvent se ramener
à toute activité basée sur la grande compassion.

Quant à la discipline suprême, on peut
lire dans le Soûtra du Grand Samaya :
Quand on est sûr du véhicule des bouddhas au plus haut point,
On a beau se livrer à toutes les passions au moyen des cinq sens,
Comme la boue [n’atteint pas] le lotus,
On garde une impeccable discipline.


Puisque toutes choses sont égales depuis
toujours, il n’y a pas à cultiver la compassion
ni à repousser la haine, mais cela ne
veut pas dire que la compassion ne se manifeste
pas pour ceux qui n’ont pas atteint
cette réalisation. En fait, dans la mesure
où par la vue on réalise ou non que tout
est pur depuis toujours, la discipline et le
comportement seront eux aussi purs ou impurs.

S’il se trouve un être supérieur
Qui possède le pouvoir de la sagesse et des moyens,
Qu’il rencontre ce « Collier de vues »
Tel un aveugle-né qui se trouve des yeux !


Source : http://www.oceandesagesse.org/FR/ens_textes.php
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