Bonjour à tous.
Navré de n'avoir pas participé jusqu'à maintenant a ce fondement essentiel de la pratique bouddhique. La grande subtilité entre la vue sautantrika et prasangika tient sur deux plans, la reconnaissance de la nature de la vacuité dans le "qu'est la vacuité" et le rapport de l'impact des moyens de la réalité relative dans l'accession de la nature de Bouddha par conséquent de la réalisation de la vacuité.
Une question se pose pour livrer justement débat et mettre en pratique madhyamika:
La flamme ne parait que dû à la dépendance conditionnée nécessaire à son existence relative. Etant de nature à ne pouvoir se produire d'elle-même donc appartenant à la sphère phénoménale, signifiant que, comme tous phénomènes, la flamme est fondamentalement dénuée d'une essence intrinsèque. L'esprit, de nature insubstantielle est avec la flamme égale sur le plan absolu c'est-à-dire vacuité mais de ce fait, réalisant la non-existence de l'aspect mondain, relatif de toutes choses, pourquoi alors se brûle t-on ?
Sans répondre pour le moment, j'aborde la vacuité de par la compréhension que j'en ai comme étant non pas vide d'existence ou autre, mais l'expression de la neutralité qui de mon point de vue, correspond vocabulairement plus à ce qu'est la vacuité en somme "ni être", "ni non-être", "être et non-être", "non-être ni non-être", "neutre". Cela explique ainsi l'Ainsité.
Dans la vue sautrantrika-cittamatra en prenant l'exemple des chiffres, cela correspond à 1, le 1 qui met en mouvement qui est l'élément premier permettant d'attendre 2 puis 3 et de générer tous les phénomènes pures comme mondains. 1 est Dharmakaya, 2 Sambhogakaya, 3 union de 1 et 2 donnant le Nirmanakaya, tous indifférenciés les uns des autres mais c'est là qu'intervient la vue prasangika qui met en lumière la véritable source qu'est 0 car sans le 0 ni 1 et ainsi de suite n'apparait.
0 est Vacuité, l'essence neutre, ni positif ni négatif sur tous les plans mais indispensable. On atteint le tathagatagarbha en réalisant la neutralité de l'esprit, sa nature clair-vacuité.
Je vous met un passage de Candrakirti d'une grande inspiration:
"Comment Te louerais-je, Seigneur, Toi qui sans naissance, sans demeure,
surpasses toute connaissance mondaine et dont le domaine échappe aux
cheminements de la parole. Pourtant, tel que Tu es, accessible au [seul] sens
d'Ainsité, avec amour je [Te] louerai, ô Maître, en recourant aux conventions
mondaines. Puisque, par essence, Tu ne nais pas, en Toi, point de naissance,
point d'allée ni de venue. Hommage à Toi, Seigneur, le Sans-nature-propre ! Tu
n'es ni être ni non-être, ni permanent ni impermanent, ni éternel ni non
éternel. Hommage à Toi, le Sans-dualité ! En Toi aucune couleur n'est perçue, ni
rouge, ni vert, ni garance, ni jaune, ni noir, ni blanc. Hommage à Toi, le
Sans-couleur ! Tu n'es ni grand ni petit, ni long, ni rond. Tu as atteint le but
sans mesure. Hommage à Toi, le Sans-limite ! Tu n'es ni loin ni près, ni dans le
ciel ni sur terre, ni dans le samsara ni dans le nirvana. Hommage à Toi, le
Sans-demeure ! En aucune des choses Tu ne résides, [ainsi donc] Tu as atteint le
but : le domaine absolu, et Tu as acquis la suprême profondeur. Hommage à Toi,
le Profond! Par une telle louange puisses-Tu être loué! Mais as-Tu été loué ? Si
toutes les choses sont vides, qui est loué et par qui ? Qui est capable de Te
louer, Toi qui n'apparais ni ne disparais, Toi pour qui n'existent ni milieu ni
extrémités, ni perception ni perceptible ! Il n'est pas allé, Il n'est pas venu,
exempt d'aller : c'est Lui le Bien-Allé qui vient d'être loué. Grâce aux mérites
acquis [par cette louange], puisse l'humanité avoir accès au séjour du
Bien-Allé."
Voila, j'espère ne pas m'être complètement trompé et surtout que vous comprendrez ce que j'ai voulu expliquer
Amicalement dans le Dharma
