Les deux vérités

Au sein du mahayana s'est développée une approche spécifique, celle des tantra, textes issus du Bouddha dont les pratiques font appel à un symbolisme et à différentes méthodes spirituelles ou yogas.

Les deux vérités

Messagede Sönam » Lun 13 Avr 2009 11:05

La vérité relative est celle de tous les objets, aussi bien ceux que l'on voit que les objets mentaux, les mouvement du mental. C'est une vérité parce que, pour l'individu ordinaire et sain, elle apparaît comme la vérité. Ainsi, tout objet qui peut être cerné par l'esprit appartient à la vérité relative.

Au-delà, au-delà de la souffrance, s'étend le domaine de la vérité absolue. Toutes "choses" du nirvana y appartiennent. On pourrait penser que la voie, les cinq chemins et les dix terres de bodhisattva, sont au-delà du monde. Pas du tout : comme ce sont des objets de l'esprit, ils appartiennent à la vérité relative. De même, toutes les terres pures, tous les paradis de Bouddha sont des objets de l'esprit et relèvent de la vérité relative. La vérité absolue est l'essence, la véritable nature, ce qu'il y a véritablement au fond et en dernier ressort dans la vérité relative. Tout ce qui est au-delà d'une notion, ou d'un objet identifiable par l'esprit, est réalité absolue.

Il faut d'abord comprendre la vue, dans ces deux aspects, puis il faut passer à la méditation pour en avoir une expérience personnelle vécue. L'introduction à la Lucidité, si importante dans le Dzogtchèn, est précisément cette expérience personnelle de la vue.

Le point de vue de la vacuité, vérité absolue, souligne l'aspect non-existant : aucune chose du samsara ne saurait exister réellement puisqu'en effet rien n'existe dans le nirvana ! Il n'y a rien à obtenir, il n'y a pas de Bouddha, pas de paradis, pas de qualités véritables à obtenir, il n'y a pas de voie, pas d'obtention, pas d'absence d'obtention, le nom de Bouddha n'existe pas. C'est la vue du trèktcheu immaculé.

Le point de vue du theuguèl spontané place au premier plan l'aspect clarté : oui, il y a une voie à pratiquer, oui, il est des choses indésirables à éliminer, oui, il est un résultat à obtenir, oui, le tathagatgharba, le potentiel d'éveil inné est présent chez tous les êtres, oui, les Bouddhas ont d'éminentes qualités, oui, les Bouddhas existent. Alors, comment existent-ils ? Sans se voir les uns les autres...

Encore une fois, la vérité absolue correpond à la vue du trèktcheu immaculé : essence vide, libre de toute projection, au-delà des notions d'être et de non-être, essence pure de toute origine, depuis toujours, où même les noms de Bouddha et d'êtres ordinaires n'existent pas.

Les apparences spontanées peuvent, à la limite, être qualifiées de relatives. Mais piliers, maisons, montagnes, eau, feu, vent, toutes perceptions sont l'émergence de la Lucidité elle-même. Il n'y a donc pas de séparation fondamentale entre relatif et absolu. Les choses sont l'aspect apparent de la Lucidité ou, comme on dit dans la section de l'esprit du Dzogtchèn, elles sont énergie, dynamique et danse de la Lucidité. Dans la section des préceptes, on ne parle même plus de perceptions, mais seulement de rayonnement de la Lucidité.

Par conséquent, quand on arrive à la vue ultime du Dzogtchèn, les aspects correspondant aux vérités relative et absolue sont unis, il faut acquérir la certitude que toute perception est Lucidité. D'une façon générale, on n'utilise donc guère les termes de vérité relative et absolue, on préfère parler d'aspect vacuité et d'aspect clarté.

La Prise de Refuge s'appuie sur la vue du trèktcheu, alors que le développement de l'esprit de l'éveil fait appel à la vue du theuguèl.

Gangteng Tulkou Rinpotché
Sönam
 

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