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Maintenant nous allons essayer ensemble [sur les pensées].
Soyez maintenant conscients de vos pensées.
Tout d'abord détendez-vous dans l'ouverture naturelle de l'esprit.
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Maintenant, s'il vous plait, observez vos pensées. Focalisez-vous sur vos pensées.
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Maintenant détendez-vous à nouveau dans l'état naturel.
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Ok. Ca s'est passé comment ?
Etudiante : Somnolence.
Rinpotché : Il faudrait que vous appliquiez la vigilance, la lucidité à cette somnolence. Est-ce que je vous avais enseigné au cours de la retraite de première année la méditation sur le sommeil ? Non ? (Echange inaudible) Je vais le faire cette fois-ci. C'est une bonne méditation, surtout que nous apprécions cette " activité " du sommeil. Mais nous devons méditer. Sinon, si l'on se dit solennellement : " Je vais méditer sur le sommeil ! " et qu'on sombre dans le sommeil ordinaire, ce n'est pas cela méditer.
La vigilance (mindfulness) ou la lucidité (awareness) peut s'appliquer à n'importe quel objet, à la pensée, aux émotions… Tout cela devient méditation. Bien sûr vous pouvez l'appliquer aussi à l'endormissement. Comment ? C'est très facile. C'est ce qu'il y a de plus facile. En réalité il y a deux sortes de méditation sur le sommeil : l'une est avec un objet, l'autre est sans objet.
Nous allons commencer par celle qui s'appuie sur un objet de concentration. Ok, quel est l'objet pour la méditation sur le sommeil ? Le sommeil lui-même.
Méditation avec objet
Toutefois vous ne pouvez d'emblée observer le sommeil. Aussi faut-il commencer par observer l'endormissement, la somnolence.
Parfois vous fermez votre porte, préparez un coussin douillet, et vous déclarez, très déterminé(e) : " Je vais méditer ! " Vous vous asseyez en posture de méditation et souriez béatement. " Ouverture ". Vous prenez une expression adaptée. " Clarté ". Vous ouvrez grands les yeux. " Paix ". (Air suave de Rinpotché. Rires). Et vous vous assoupissez. Puis vous vous reprenez et essayez de nouveau. " Clarté ". Vous ouvrez grands les yeux. Malheureusement… vous vous affaissez à nouveau. Vous recommencez : " Clarté ! " Et à nouveau vous vous effondrez sur votre coussin. (Tout le monde est écroulé de rire.) Oh no good ! Vous vous reprenez. Et c'est reparti pour un tour. Vous vous battez en fait contre la somnolence. Celle-ci acquiert de plus en plus de puissance. C'est au point qu'un jour, dès que vous essayez de méditer vous vous assoupissez.
Ce que vous pouvez faire alors, c'est prendre cette torpeur, cette somnolence pour support de votre méditation. Comment ?
Regardez cette somnolence. Vous devez prendre conscience de cette torpeur. Ne vous crispez pas, prenant la posture et vous fixant sur : " Ouverture ! " les yeux grands ouverts. L'ouverture, la lucidité, est en fait toujours présente. En effet vous regardez cette somnolence, vous en êtes conscients. Dès lors que vous regardez, la lucidité est toujours présente. Vous savez que vous êtes assoupis ou vous savez que vous êtes en train de vous assoupir. C'est cela la lucidité (awareness).
Maintenant nous n'avons donc plus à craindre la torpeur ou l'assoupissement. Nous pouvons lui dire : " Soyez la bienvenue, nous pouvons cohabiter, nous allons lier amitié. " Ne la craignez plus.
Tout d'abord vous devez observer la somnolence. Au début c'est un peu comme si l'on était saoul. Soyez simplement conscients de ce sentiment de torpeur. Regardez-le. Il devient alors le support de la vigilance ou de la non-distraction. C'est de la méditation.
Vous pouvez ainsi être conscients de la somnolence telle quelle, puis peut-être allez-vous vous réveiller - parfois non, ça n'a pas d'importance. Quand vous vous réveillez regardez votre réveil (Rinpotché nous explique cela en le mimant). Vous êtes spectateurs de votre propre endormissement ; quand il s'effiloche un peu vous en êtes conscients également. Maintenez la continuité de votre observation. C'est une prise de conscience continue.
En poursuivant ainsi, toute la séquence de somnolence devient méditation. En effet l'esprit de méditation rattrape l'esprit somnolent - en conséquence le sommeil en son entier devient méditation jusqu'à votre réveil.
Pendant que vous dormez, vous ne reconnaissez pas que vous êtes en méditation. Deux signes indiquent cependant que vous étiez en méditation.
Le premier est que dès que vous vous réveillez il vous semble sortir de méditation. Votre esprit est déjà en méditation. Vous vous sentez alors très reposés, légers, frais.
Le second est l'absence de rêves.
La deuxième forme de méditation est celle sans objet, shamatha sans objet.
Méditation sans objet
Demeurez dans l'état tel quel, dans l'ainséité au moment de vous endormir. Vous êtes en méditation sans avoir de pôle sur lequel l'esprit se serait fixé, et vous entrez dans l'endormissement sans pour autant vous départir de cet état de shamatha. Ensuite, petit à petit si cette méditation se développe de plus en plus, même pendant que vous dormez vous pourrez entendre parler autour de vous, etc.
Il en était ainsi pour l'un de mes enseignants, Saldjé Rinpotché, mon maître de retraite qui maintenant n'est plus de ce monde. Il y avait des étudiants qui avaient beaucoup de choses à lui dire. Ils se répandaient en longues histoires. Blablabla… blablabla… Saldjé Rinpotché s'assoupissait au bout d'un moment. Ceux qui étaient ses disciples depuis peu se taisaient alors et se retiraient sur la pointe des pieds. Mais ceux qui le connaissaient depuis plus longtemps n'en continuaient pas moins de parler sans se faire le moindre souci à ce sujet. Quand l'étudiant en avait terminé avec son discours, Saldjé Rinpotché sortait du sommeil et lui répondait.
Bon, le sujet de la méditation avec le sommeil est clos.
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Source : http://www.yongey-france.com/teachings/shine/index.php

