Le soutra de la marche héroïque

Le soutra de la marche héroïque

Messagede Coeur de Loi » Mer 9 Juin 2010 21:55

Le soutra de la marche héroïque
(Shurangama Sûtra)


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"L’un des principaux thèmes développés est l'inefficacité du dharma (enseignement) seul sans la samadhi obtenue grâce à la méditation. L’importance de la moralité est également soulignée.

Ces deux sujets sont abordés dès le prologue à travers les mésaventures d’Ananda, qui connait par cœur l’enseignement du Bouddha mais ne médite jamais. Victime d’un mauvais sort qui le dirige vers une prostituée, il est sauvé par un mantra récité par le Bouddha.

Le soutra développe aussi la distinction entre la conscience discriminante et la pensée vraie universelle (compréhension achevée du titre), présente indifféremment dans tous les dharmas.

Il contient des instructions concrètes concernant la méditation, la description de 57 étapes vers l’état de bodhisattva, des précisions sur le karma et les renaissances, ainsi qu’une présentation de 50 états démoniaques que l’ascète peut rencontrer sur son chemin spirituel.

La tradition du bouddhisme millénariste chinois prétend qu’il est le dernier soutra apparu et sera le premier détruit à l’approche de l’ère de Maîtreya."

http://fr.wikipedia.org/wiki/Shurangama

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Proposition de traduction par la Buddhist Text Translation Society pour la seconde édition.
Source : http://zenmontpellier.site.voila.fr/fr/sutras/surangama.html

Ce soutra a 9 chapitres :
- Chapitre 1
- Chapitre 2
- Chapitre 3
- Chapitre 4
- Chapitre 5
- Chapitre 6
- Chapitre 7
- Chapitre 8
- Chapitre 9

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Chapitre 1

Ainsi l'ai-je entendu, une fois que le Bouddha résidait dans la Cité de Shravasti dans la demeure sublime du Bosquet de Jeta avec une assemblée de grands moines, douze-cents cinquante en tout. Tous étaient de grands vénérables sans écoulements, des disciples du Bouddha qui demeuraient dans le Dharma et le maintenaient. Ils avaient pleinement transcendé toute existence, et pouvaient parfaire leur impressionnant maintien partout où ils allaient.

Ils suivaient le Bouddha en tournant la roue, et ils étaient merveilleusement dignes de l'héritage. Sévères et purs dans la discipline, ils étaient de grands exemples dans les trois domaines. Leur corps de réponse sans nombre amenaient les êtres sur l'autre rive et les libéraient, extrayant et sauvant ceux du futur de sorte qu'ils puissent transcender les liens de toutes les impuretés mondaines.

Les noms de leurs chefs étaient : le grand sage Shariputra, Mahamaudgalyayana, Mahakaushtila, Purnamaitreyaniputra, Subhuti, Upanishad, et d'autres.

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Qui plus est, d'innombrables Éveillés-pour-Soi qui se trouvaient au-delà de l'apprentissage, ainsi que ceux qui avaient pris la résolution initiale de la voie, vinrent là où se trouvait le Bouddha. Tous les moines ayant le Pravarana à la fin de la retraite d'été étaient là aussi.

Et il y avait aussi des Bodhisattvas en provenance des dix directions, qui désiraient un conseil pour enlever leurs doutes. Tous étaient respectueux et obéissants envers l'impressionnant mais compatissant Bouddha alors qu'ils se préparaient à partir à la recherche du Secret.

Alors l'Ainsi-Venu arrangea son siège, s'assit tranquillement et paisiblement, et pour le bénéfice de tous les membres de l'assemblée, proclama le profond et le mystérieux. Au banquet du Dharma, ce qu'obtinrent les membres de la pure assemblée était sans précédent.

Le son mélodieux de l'Immortel pénétra les mondes dans les dix directions et des Bodhisattvas aussi nombreux que les sables du Gange s'assemblèrent sur la place de la voie avec Manjusçri à leur tête.

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Au jour du deuil, le roi Prasenajit, en l'honneur de son père, l'ancien roi, organisa une fête végétarienne et invita le Bouddha dans les pièces latérales de son palais. Il accueillit l'Ainsi-Venu dans une grande pompe de superbes plats délicats de saveurs merveilleuses et insurpassées et invita lui-même les grands Bodhisattvas, également.

Les anciens et les laïcs de la ville s'étaient également préparés à fournir des repas pour la communauté des moines au même moment, et ils attendaient que le Bouddha vienne et reçoive leurs offrandes. Le Bouddha commanda à Manjusçri d'assigner les Bodhisattvas et les vénérables à recevoir les offrandes des divers hôtes végétariens.

Seul Ananda, qui avait voyagé au loin pour accepter une invitation spéciale plus tôt, et n'était pas encore rentré, fut en retard pour la répartition des place pour la communauté religieuse. Aucun ancien moine ou grand sage ne l'accompagnait, de sorte qu'il rentrait seul sur la route.

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Ce jour là, Ananda n'avait pas reçu d'offrandes, de sorte qu'au moment voulu, il prit son bol à aumônes et, en passant par la ville, reçut des aumônes en ordre méthodique.

Comme il s'était mis en quête d'aumônes des premiers aux derniers bienfaiteurs, ses hôtes végétariens, il ne pensa pas à demander si elles étaient pures ou impures, si elles provenaient d'honorables seigneurs ou de parias. Pratiquant l'égalité et la compassion, il ne choisissait pas que les basses gens, mais était déterminé à perfectionner les mérites et vertus sans limites de tous les êtres.

Ananda était conscient de ce que l'Ainsi-Venu, l'Honoré du Monde, avait admonesté Subhuti et Mahakaçyapa comme étant des vénérables dont l'esprit n'était ni juste ni égal. Il révérait les instructions de l'Ainsi-Venu sur l'impartialité à sauver tout un chacun du doute et de la diffamation.

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Ayant traversé les douves de la cité, il marcha lentement vers les portes extérieures, de sa démarche sévère et correcte car il respectait strictement les règles pour obtenir de la nourriture végétarienne.

À ce moment-là, comme il recevait les aumônes à la suite les unes des autres, il passa par une maison de prostitution et tomba au piège d'un puissant sortilège. Par la force du mantra de Kapila, qui venait du ciel de Brahma, la fille de Matangi l'attira sur une couche impure. De son corps licencieux, elle le caressa jusqu'à ce qu'il fut sur le point de détruire la substance du précepte.

L'Ainsi-Venu, sachant qu'Ananda était enjôlé par un impur sortilège, termina le repas et retourna immédiatement à la Demeure Sublime. Le roi, les grands dignitaires, les anciens et les laïcs le suivirent, désireux qu'ils étaient d'entendre l'essence du Dharma.

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Alors, l'Honoré du Monde, du sommet de son crâne, émit des centaines de rayons de lumière précieuse qui dispersent toute crainte. Au coeur de la lumière apparût un lotus aux mille pétales, sur lequel était assis un Bouddha au corps de transformation en posture de lotus complet, proclamant un mantra spirituel.

Le Bouddha Çakyamuni ordonna à Manjusçrì de prendre le mantra et d'aller fournir protection, et, lorsque le mauvais mantra fut dissipé, d'aider Ananda et la fille de Matangi et de les encourager à retourner là où se trouvait le Bouddha.

De retour, quand Ananda vit le Bouddha, il s'inclina et pleura tristement, regrettant que depuis des temps immémoriaux il ne s'était préoccupé que d'érudition et n'avait pas encore parfait sa force dans la Voie. Il demanda respectueusement et de façon répétée une explication des expédients initiaux des merveilleuses réalisations de la tranquillité, la méditation et de concentration, au moyen desquels l'Ainsi-Venu des dix directions avait réalisé l'Éveil.

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À ce moment, des Bodhisattvas aussi nombreux que les sables du Gange, de grands vénérables, des Éveillés-pour-Soi, et d'autres, venus des dix directions, étaient aussi présents. Heureux de l'opportunité qui leur était offerte d'écouter, ils se retirèrent doucement vers leurs sièges pour recevoir la prudente instruction.

Alors, au milieu de la grande assemblée, l'Honoré du Monde étendit son bras doré, caressa la tête d'Ananda et lui dit, ainsi qu'à la grande assemblée : "Il existe une méditation appelée le roi de l'éminentissime de la marche héroïque à la couronne du Bouddha remplie des myriades de pratiques; c'est un sentier merveilleusement orné et la seule porte par laquelle les Ainsi-Venus des dix directions ont obtenu la transcendance. Vous devez maintenant l'écouter attentivement".

Ananda s'inclina pour recevoir humblement l'instruction compassionnée.

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Le Bouddha dit à Ananda : "Toi et moi sommes de la même famille et partageons l'affection de cette relation naturelle. À l'époque de ta décision initiale, quelles étaient les caractéristiques remarquables que tu as vues dans mon Dharma qui t'ont poussé à soudainement rejeter la profonde douceur et l'amour qu'on trouve dans le monde ?"

Ananda dit au Bouddha : "J'ai vu les trente-deux marques spécifiques de l'Ainsi-Venu, qui étaient si suprêmement merveilleuses et incomparables que sont corps tout entier en avait une translucidité luisante juste comme celle du cristal.

J'ai souvent pensé que ces marques ne pouvaient avoir été le fruit du désir et de l'amour.
Pourquoi donc ? Les vapeurs du désir sont fortes et enivrantes. De la copulation infecte et putride sort une trouble mixture de pus et de sang qui ne peut donner une concentration aussi magnifique, pure et brillante de lumière pourpre et or. Alors j'ai passionnément regardé en l'air, j'ai suivi le Bouddha, j'ai laissé tomber mes cheveux de ma tête".

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Le Bouddha dit : "Très bien, Ananda. Tu dois savoir que depuis des temps sans commencement, tous les êtres sont continuellement nés et meurent continuellement, simplement parce qu'ils ignorent l'esprit éternel avec sa pure nature et sa brillante substance. Au lieu de quoi, ils s'engagent dans les pensées fausses. Ces pensées ne sont pas vraies, de sorte qu'elles mènent à d'autres transmigrations.

Maintenant, tu voudrais rechercher l'Éveil insurpassée et vraiment découvrir ta nature. Il va te falloir répondre à mes questions avec un esprit direct. les Ainsi-venus des dix directions ont échappé à la naissance et à la mort parce que leurs esprits étaient directs. Vu que leurs esprits et leurs paroles étaient ainsi de manière consistante, depuis le commencement, à travers les stages intermédiaires jusqu'à la fin, ils n'ont jamais été le moins du monde évasifs.

Ananda, je te le demande maintenant : Au moment de ta résolution initiale, qui a surgi en réponse aux trente-deux marques corporelles de l'Ainsi-Venu, qu'est-ce qui a vu ces caractéristiques et qui s'en est régalé ?"

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Ananda dit au Bouddha : "Honoré du Monde, voici la façon dont j'ai fait l'expérience de ces délices : J'ai usé de mon esprit et de mes yeux ? Parce que mes yeux ont vu les marques corporelles extraordinaires de l'Ainsi-Venu, mon esprit a donné naissance aux délices. C'est là que j'ai pris ma résolution et que j'ai souhaité m'extirper de la naissance et de la mort".

Le Bouddha dit à Ananda : "C'est comme tu l'as dit, cette expérience de délices se produit en fait à cause de ton esprit et de tes yeux. Si tu ne sais pas où se trouvent ton esprit et tes yeux, tu ne pourra pas conquérir les ennuyeuses souillures mondaines.

Par exemple, lorsqu'un pays est envahi par des voleurs et que le roi envoie ses troupes pour les supprimer et les bannir, les troupes doivent savoir où se trouvent les voleurs.

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Ce n'est pas la faute de ton esprit et de tes yeux si tu es soumis à la transmigration. Je te le demande maintenant spécifiquement, pour qu'en ton esprit et tes yeux surgisse l'esprit de l'Éveil : où sont-ils maintenant ?"

Ananda répondit au Bouddha : "Honoré du Monde, toutes les dix sortes d'êtres dans le monde soutiennent tous autant les uns que les autres que la conscience de l'esprit réside dans le corps, et quand je vois les yeux de l'Ainsi-Venu qui ressemblent à des lotus bleus, ils sont sur le visage du Bouddha.

J'observe maintenant que ces organes remarquables, quatre sortes d'objets impurs, sont sur mon visage, et que mon esprit-conscience est en réalité à l'intérieur de mon corps".

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Le Bouddha dit à Ananda : "Tu es maintenant assis dans la salle de conférences de l'Ainsi-Venu. Où se trouve le Bosquet de Jeta que tu regardais ?"; "Honoré du Monde, cette grande salle de conférences pure et à plusieurs étages se trouve dans le jardin du bienfaiteur du Solitaire. En ce moment, le Bosquet de Jeta se trouve, en fait, juste au dehors de la salle".

"Ananda, alors que tu es maintenant dans cette salle, que vois-tu d'abord ?"; "Honoré du Monde, ici dans cette salle, j'ai d'abord vu l'Ainsi-Venu, ensuite, j'ai vu la grande assemblée et de là, en portant mon regard vers l'extérieur, je vois le bosquet et le jardin".

"Ananda, comment peux-tu voir le bosquet et le jardin ?"; "Honoré du Monde, comme les portes et les fenêtres ont été ouvertes toutes grandes, je peux me trouver dans la salle et pourtant voir à distance".

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Le Bouddha dit à Ananda : "C'est comme tu l'as dit. Lorsqu'on se trouve dans la salle de cours et que les portes et les fenêtres sont grandes ouvertes, on peut voir loin dans le jardin et le bosquet. Est-ce que quelqu'un dans la salle pourrait ne pas voir l'Ainsi-Venu et pourtant voir au dehors de la salle ?" Ananda répondit : "Honoré du Monde, être dans la salle et ne pas voir l'Ainsi-Venu, et pourtant voir le bosquet et les fontaines est impossible".

"Ananda, tu es comme ça, toi aussi. Ton esprit est capable de tout comprendre à fond. Maintenant, si ton esprit présent, qui comprend tout à fond, était dans ton corps, alors il faudrait que tu sois d'abord conscient de ce qu'il y a dans ton corps. Pourrait-il y avoir des êtres qui voir d'abord le dedans de leur corps avant d'observer les phénomènes extérieurs ?

Même si tu ne peux voir ton coeur, ton foie, ta rate et ton estomac, pourtant tu devrais être capable de percevoir clairement la croissance de tes ongles et de tes cheveux, la torsion de tes tendons et la pulsion de ton pouls. Pourquoi ne perçois-tu pas ces choses ? Si tu ne peux percevoir tes organes internes, comment pourrais-tu percevoir ce qui t'es extérieur ?

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Tu dois donc savoir que déclarer que l'esprit éveillé et connaissant est à l'intérieur du corps est une affirmation impossible".

Ananda inclina sa tête et dit au Bouddha : "En entendant l'Ainsi-Venu proclamer cette explication du Dharma, un son dharmique tel que ce que l'Ainsi-Venu vient de proclamer, je me rends compte que mon esprit est en réalité en dehors de mon corps.

Comment est-ce possible ? Par exemple, une lampe allumée dans une chambre illuminera certainement l'intérieur de la pièce d'abord, et ce n'est qu'alors que ses rayons de lumière s'écouleront par la porte pour atteindre les recoins de la salle. Le fait que les êtres ne puissent voir à l'intérieur de leurs corps mais seulement à l'extérieur, est analogue au fait d'avoir une lampe allumée placée hors de la chambre, de sorte qu'elle ne peut éclairer la chambres.

Ce principe est clair et hors de tout doute. Il est identique au sens complet de ce qu'entend le Bouddha, n'est-ce-pas ?"

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Le Bouddha dit à Ananda : "Tous ces moines, qui m'ont tout juste suivi à la cité de Çravasti pour aller de porte en porte quêter leurs boules de nourriture, sont revenus au Bosquet de Jeta. J'ai déjà fini de manger. En observant les moines, penses-tu que si une personne mange, tout le monde en a le ventre plein ?"

Ananda répondit : "Non, Honoré du Monde. Pourquoi cela ? Bien que ces moines soient des vénérables, leurs corps physiques et leurs vies diffèrent. Comment se pourrait-ce que le fait qu'une seule personne mange permette à chacun d'avoir le ventre plein ?"

Le Bouddha dit à Ananda : "Si ton esprit qui est conscient, qui sait et qui voit, se trouvait réellement hors de ton corps, ton corps et ton esprit s'excluraient mutuellement et n'auraient aucune relation l'un avec l'autre. le corps serait inconscient de ce que perçoit l'esprit, et l'esprit ne percevrait pas la conscience à l'intérieur du corps.

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Maintenant que je te montre ma main qui est douce comme le coton tula, ton esprit la distingue-t-il alors que tes yeux la voient ?" Ananda répondit : "Oui, Honoré du Monde". Le Bouddha dit à Ananda : "Si les deux ont une perception commune, comment l'esprit peut-il être hors du corps ?

En conséquence, il faut que tu saches qu'en déclarant que l'esprit qui sait, comprend et est conscient se trouve à l'extérieur du corps est une affirmation impossible".

Ananda dit au Bouddha : "Honoré du Monde, il en est ainsi que ce qu'en a dit le Bouddha. Si je ne puis voir à l'intérieur de mon corps, mon esprit ne réside pas dans le corps. Si mon corps et mon esprit ont une conscience commune, ils ne sont pas séparés et de la sorte, mon esprit ne demeure pas hors du corps. Ainsi que je considère désormais l'affaire, je sais exactement où se situe mon esprit".

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Le Bouddha dit : "Alors, où est-il maintenant ?" Ananda dit : "Si l'esprit qui sait et comprend ne perçoit pas ce qu'il y a dedans mais peut voir dehors, à la réflexion, je crois qu'il se cache dans l'organe de la vision.

C'est analogue à une personne qui poserait des lentilles de cristal sur ses yeux : les lentilles couvriraient ses yeux mais n'obstrueraient pas sa vision. L'organe de la vision pourrait ainsi voir et les discriminations s'effectueraient en conséquence.

Et ainsi mon esprit qui sait, comprend et est conscient ne voit pas à l'intérieur parce qu'il réside dans l'organe : il peut regarder à l'extérieur clairement, sans obstruction pour la même raison : il est caché dans l'organe".

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Le Bouddha dit à Ananda : "En admettant qu'il est caché dans l'organe, ainsi que tu l'affirmes dans ton analogie aux cristaux, si une personne se couvrait les yeux avec les cristaux et regardait les montagnes et les rivières, verrait-elle les cristaux aussi ?" "Oui, Honoré du Monde, si cette personne devait se couvrir les yeux avec les cristaux, elle verrait en fait les cristaux".

Le Bouddha dit à Ananda : "Si ton esprit est analogue aux yeux couverts par les cristaux, alors, lorsque tu vois les montagnes et les rivières, pourquoi ne vois-tu pas tes yeux ? Si tu pouvais voir tes yeux, ceux-ci feraient partie de l'environnement extérieur, mais ce n'est pas le cas. Si tu ne peux les voir, pourquoi dis-tu que l'esprit conscient et connaissant est caché dans l'organe de la vision de même que les yeux sont couverts par les cristaux ?

Tu devrais donc savoir que tu affirmes l'impossible lorsque tu dis que l'esprit qui sait, comprend et est conscient est caché dans l'organe de la vision de la façon dont les yeux sont couverts par les cristaux".

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Ananda dit au Bouddha : "Honoré du Monde, j'offre maintenant cette re-considération : les viscères et les tripes sont à l'intérieur des corps des êtres vivants, alors que les ouvertures sont au-dehors. Il y a l'obscurité là où sont les viscères et la lumière aux ouvertures.

Maintenant que je me trouve face au Bouddha et que j'ouvre les yeux, je vois la lumière : cela, c'est voir au dehors. Lorsque je ferme les yeux et que je vois l'obscurité, cela, c'est voir à l'intérieur. Qu'est-ce que ça dit comme principe ?"

Le Bouddha dit à Ananda : "Quand tu fermes les yeux et que tu vois l'obscurité, cette obscurité dont tu fais l'expérience se trouve-t-elle devant tes yeux ou pas ? Si elle se trouvait devant tes yeux, alors l'obscurité serait devant tes yeux. Comment pourrais-tu dire alors qu'elle est "à l'intérieur" ?

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Si elle était à l'intérieur, alors, lorsque tu te trouverais dans une pièce sombre sans la lumière ni du soleil, ni de la lune, ni de lampes, l'obscurité de la pièce constituerait tes organes vitaux et tes viscères. Si elle n'était pas devant toi, comment pourrais-tu la voir ?

Si tu affirmes qu'il existe une vision intérieure qui est distincte de ta vision extérieure, alors, quand tu fermerais les yeux et que tu vois l'obscurité, tu serais en train de voir à l'intérieur de ton corps. En conséquence, quand tu ouvres les yeux et vois la lumière, pourquoi ne peux-tu voir ton propre visage ?

Si tu ne peux voir ton visage, alors il n'y a pas de vision intérieure. Si tu pouvais voir ton visage, alors ton esprit qui est conscient et sait et ton organe de la vision aussi devraient être suspendus dans l'espace. Comment pourraient-ils être à l'intérieur ? S'ils étaient dans l'espace, alors ils ne feraient pas partie de ton corps. Autrement, l'Ainsi-Venu qui voit maintenant ton visage devrait faire partie de ton corps aussi.

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En un tel cas, lorsque tes yeux perçoivent quelque chose, ton corps en resterait inconscient. Si tu insistes et fais pression à l'effet que le corps et les yeux ont chacun une conscience, tu aurais alors deux perceptions, et ton corps un devrait éventuellement devenir deux Bouddhas. Tu dois donc comprendre que de déclarer que voir l'obscurité, c'est voir là l'intérieur, c'est une affirmation impossible".

Ananda dit au Bouddha : "J'ai souvent entendu le Bouddha instruire les quatre assemblées de ce que, puisque l'esprit surgit, toutes les sortes de dharmas surgissent et vu que les dharmas surgissent, toutes les sortes d'esprit surgissent.

Comme je le considère maintenant, la substance de cette considération même est vraiment la nature de mon esprit. Partout où elle s'accouple aux choses, l'esprit existe en réaction. Il n'existe en aucun des trois emplacements de l'intérieur, de l'extérieur et de l'entre-deux".

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Le Bouddha dit à Ananda : "Maintenant, voilà que tu dis que parce que surgissent les dharmas, toutes les sortes d'esprit surgissent. Qu'à chaque fois qu'il se joint aux choses, l'esprit existe en réaction. Mais, s'il n'a aucune substance, l'esprit ne peut rien accompagner. Si, n'ayant aucune substance, il accompagnait les choses, ceci constituerait un dix-neuvième domaine amené par l'union avec le septième objet de souillure. Mais il n'existe pas de principe de la sorte.

S'il avait une substance, lorsque tu pinces ton corps avec tes doigts, est-ce que ton esprit qui le perçoit sortirait de l'intérieur, ou entrerait de l'extérieur ? S'il provenait de l'intérieur, alors une fois encore, il devrait être en mesure de voir à l'intérieur du corps. S'il provenait de l'extérieur, il devrait voir ton visage en premier".

Ananda dit : "La vue est le fait des yeux, la perception mentale ne l'est pas. Donner le nom de voir à la perception mentale n'a aucun sens".

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Le Bouddha dit : "Supposons que les yeux étaient ce qui voit. Ce serait comme être dans une pièce où les portes pourraient voir! De même, lorsqu'une personne est morte, mais que ses yeux sont encore intacts, ses yeux pourraient voir des choses. Mais comment pourrait-on être mort, si on pouvait encore voir ?

Qui plus est, Ananda, si ton esprit conscient et connaissant avait en fait une substance, serait-il alors d'une seule ou de plusieurs substances ? Sa substance pourrait-il percevoir le corps dans lequel elle réside ou ne pourrait-elle le percevoir ?

Supposons qu'il était d'une seule substance, alors lorsque tu te pinces un membre avec tes doigts, les quatre membres en seraient conscients. S'ils en étaient tous conscients, le pinçon ne serait pas en un endroit spécifique. Si le pinçon se situe à un endroit précis, alors la substance unique que tu proposes ne pourrait exister.

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À supposer qu'il était composé de substances multiples : alors, tu serais plusieurs personnes. Laquelle de ces substances serait toi ?

À supposer qu'il était composé d'une substance subtile, le cas serait le même que précédemment dans le cas du pinçon. Mais supposons qu'elle n'était pas subtile, alors, si tu touchais ta tête et touchais ton pied en même temps, le pied ne percevrait pas qu'on le touche si la tête le faisait. Mais ce n'est pas ainsi que tu es.

En conséquence, il faut que tu saches que de déclarer que, à chaque fois qu'il vient en concordance avec les choses, l'esprit existe en réaction, c'est là une affirmation impossible".

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Ananda dit au Bouddha : "Honoré du Monde, j'ai également entendu le Bouddha discuter de la réalité avec Manjuçri et d'autres disciples du Roi du Dharma. L'Honoré du Monde a également dit : "L'esprit n'est ni à l'intérieur, ni à l'extérieur".

Comme je le considère maintenant, il ne peut être à l'intérieur, puisqu'il ne peut voir à l'intérieur ; et il ne peut voir à l'extérieur, vu qu'en ce cas, il n'y aurait aucune perception partagée. Vu qu'il ne peut voir à l'intérieur, il ne peut pas être à l'intérieur ; et vu que le corps et l'esprit on une perception partagée, il est insensé de dire qu'il est à l'extérieur. En conséquence, puisqu'il existe une perception partagée et puisqu'il n'y a pas de vision à l'intérieur, il doit être entre les deux".

Le Bouddha dit : "Tu dis qu'il est au milieu. Ce milieu ne doit pas être n'importe où ni sans un lieu spécifique. Où est cet entre-deux que tu proposes ? Est-ce un endroit extérieur, ou est-ce le corps ?

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Si c'était le corps, la surface du corps ne peut être comptée comme étant entre les deux. Si c'était au milieu du corps, ce serait la même chose qu'à l'intérieur. Si c'était un endroit extérieur, y en aurait-il la preuve ou non ? S'il n'y en avait pas la moindre preuve, cela équivaudrait à ce qu'il n'existe pas du tout. S'il y en avait une preuve, alors, il n'aurait aucun endroit précis.

Et pourquoi pas ? Suppose que ce milieu soit identifié par une marque. Lorsqu'on la verrait de l'est, elle serait à l'ouest, et quand on la verrait du sud, elle serait au nord. De même qu'une telle marque tangible ne serait pas claire, de même l'emplacement de l'esprit serait chaotique".

Ananda dit : "L'entre-deux dont je parle n'est rien de tout cela. Ainsi que l'Honoré du Monde l'a dit, les yeux et les formes sont les conditions qui créent la conscience visuelle. Les yeux font des distinctions, les formes n'ont pas de perception, mais une conscience se crée entre eux / c'est là que mon esprit se trouve".

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Le Bouddha dit : Si ton esprit était entre tes yeux et leur objet, est-ce que la substance d'une tel esprit se combinerait avec les deux ou pas ? Si elle se combinait avec les deux, alors les objets et la substance de l'esprit formerait un mélange chaotique. Puisque les objets n'ont pas de perception, les deux se trouveraient en opposition. Où serait le milieu ? S'il ne se combine pas avec les deux, alors il faudrait qu'il soit, soit le percepteur, soit le perçu. Puisqu'il lui manquerait autant la substance que la nature, à quoi un tel milieu ressemblerait-il ?

Donc, il faut que tu saches que de déclarer que l'esprit est entre les deux est une affirmation impossible".

Ananda dit au Bouddha : "Honoré du Monde, lorsque par le passé j'ai vu le Bouddha mettre en route la roue du Dharma avec Mahamaudgalyayana, Subhuti, Purna, et Çariputra, quatre des grands disciples, il disait souvent que la nature de l'esprit qui est conscient, qui perçoit et qui établit des distinctions n'est situé ni dedans, ni dehors, ni au milieu, ni ne se situe-t-il nulle part. C'est précisément ce non-attachement à tout qu'on appelle l'esprit. En conséquence, est-ce que mon non-attachement est mon esprit ?"

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Le Bouddha dit à Ananda : "Tu dis que l'esprit avec sa nature consciente qui perçoit et établit des distinctions n'est situé nulle part. Tout ce qui existe dans le monde consiste d'espace, les eaux et la terre, les créatures qui volent et marchent, et tous les objets externes. Est-ce que ton non-attachement existe lui-aussi ?

S'il n'existait pas, ce serait pareil que de la fourrure sur une tortue ou des cornes sur un lapin. Que serait donc ce non-attachement. Si le non-attachement existait vraiment, on ne pourrait le décrire en tant que négation. L'absence d'attributs indique la négation. Tout ce qui n'est pas nié a des attributs. Tout ce qui a des attributs existe. Comment cela pourrait-il définir le non-attachement ?

Tu dois donc savoir que de déclarer que l'esprit conscient, connaissant est non-attachement à rien est une affirmation impossible".

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Alors Ananda se leva de son siège au milieu de la grande assemblée, découvrit son épaule droite, plaça son genou droit en terre, mit respectueusement ses paumes l'une contre l'autre et dit au Bouddha :

"Je suis le plus jeune cousin de l'Ainsi-Venu. J'ai reçu l'attention compassionnée du Bouddha et j'ai quitté la vie de famille, mais j'ai été dépendant de son affection, et en conséquence, j'ai recherché l'érudition et je ne suis pas encore sans écoulements.

Je n'ai pas pu surmonter le mantra de Kapila. J'en ai été influencé et je suis presque entré dans cette maison de prostitution, tout ça parce que je ne savais pas comment atteindre le domaine de la réalité. J'espère seulement que l'Honoré du Monde, de par sa grande bonté et sympathie, nous instruira tous dans la voie du Calme pour guider les égoistes et surmonter les libertains".

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Lorsqu'il eut fini de parler, il posa ses cinq membres sur le sol et alors, en même temps que la grande assemblée, il se tint en anticipation, attendant avec empressement et respect d'entendre l'enseignement.

Alors, l'Honoré du Monde irradia de son visage diverses sortes de lumières, des lumières aussi éblouissantes que des centaines de milliers de soleils.

Les domaines bouddhiques tremblèrent de façon envahissante de six façons et ainsi des terres, aussi nombreuses que de fins atomes de poussières dans les dix directions apparurent simultanément.

L'esprit impressionnant du Bouddha amena tous les domaines à s'unir en un seul. Dans ces domaines, tous les grands Bodhisattvas, tout en restant dans leurs propres pays, joignirent leurs paumes et écoutèrent.

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Le Bouddha dit à Ananda : "Depuis des temps sans commencement, tous les êtres vivants et dans toutes les manières sens dessus-dessous, ont créé des semences karmiques qui poursuivent naturellement leur route, tout comme le bouquet d'aksha.

La raison pour laquelle les cultivateurs ne peuvent accomplir l'Éveil insurpassée, mais atteignent plutôt le niveau d'auditeurs ou de ceux qui s'éveillent aux conditions, ou deviennent accomplis de manière éternaliste en tant qu'habitants des cieux ou rois-démons ou en tant que membres des suites des démons

C'est qu'ils ne connaissent pas les deux racines fondamentales et se trompent donc et sont confus dans leur culture. Ils ressemblent à qui cuisine du sable dans l'espoir d'en faire des pâtisseries délicates. Ils peuvent continuer ainsi pendant autant d'éons qu'il y a de grains de poussière, mais ils n'obtiendront jamais ce qu'ils recherchent.

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Que sont ces deux ? Ananda, le premier est la racine de la naissance et de la mort sans commencement, qui est l'esprit qui saisit les conditions et que toi et tous les êtres vivants utilisent maintenant, le prenant pour votre propre nature.

Le second est la pure substance primale du Nirvâna d'Éveil sans commencement. C'est la claire essence primale de la conscience qui peut amener toutes les conditions. À cause de ces conditions, tu la considère comme perdue.

Ayant perdu de vue cette clarté originelle, quoique les êtres en fassent usage jusqu'à la fin de leurs jours, ils en sont ignorants, et ils entrent dans leurs divers destins de façon non-intentionnelle.

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Ananda, tu veux maintenant tout savoir de la Voie de shamatha dans l'espoir de quitter naissance et mort. Je vais maintenant t'interroger encore". Alors l'Ainsi-Venu leva son bras doré et plia ses cinq doigts palmés tout en demandant à Ananda : "Vois-tu ?" Ananda répondit : "Je vois"

Le Bouddha dit : "Que vois-tu ?" Ananda répondit : " Je vois que l'Ainsi-Venu lève le bras et replie ses doigts en un poing de lumière qui éblouit mon esprit et mes yeux". Le Bouddha dit : "Avec quoi le vois-tu ?" Ananda répondit : "Les membres de la grande assemblée et moi-même le voyons tous avec nos yeux".

Le Bouddha dit à Ananda : "Tu m'as répondu en disant que l'Ainsi-Venu replie ses doigts en un poing de lumière qui éblouit ton esprit et tes yeux. Tes yeux peuvent voir, mais c'est quoi l'esprit qui est ébloui par mon poing ?"

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Ananda dit : "L'Ainsi-Venu me demande où se situe l'esprit. Maintenant que j'utilise mon esprit pour le chercher soigneusement , je propose que ce qui est précisément capable d'examiner est mon esprit". Le Bouddha s'exclama : "Ho ! Ananda, ce n'est pas ça ton esprit".

Étonné, Ananda bondit de son siège, se tint debout, les paumes jointes, et dit au Bouddha : "Si ce n'est pas ça mon esprit, c'est quoi ?" Le Bouddha dit à Ananda : "C'est ta perception des fausses apparences basées sur les objets extérieurs qui fait que ta vraie nature s'illusionne et a fait, depuis des temps immémoriaux jusqu'à ta vie présente, prendre un voleur pour ton fils, perdre ta source éternelle et être soumis à la transmigration".

Ananda dit au Bouddha : "Honoré du Monde, je suis le cousin préféré du Bouddha. C'est parce que mon esprit aimait le Bouddha que j'ai été amené à quitter la vie de famille. Avec mon esprit, non seulement je fais des offrandes à l'Ainsi-Venu, mais aussi, en passant par des pays aussi nombreux que les grains de sable du Gange pour servir tous les Bouddhas et les bons et sages conseillers, et en ordonnant tout mon courage pour pratiquer tous les aspects difficiles du Dharma, j'utilise toujours mon esprit.

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Même si je devais calomnier le Dharma et ainsi couper pour l'éternité mes bonnes racines, ce serait aussi à cause de cet esprit. Si ce n'est pas mon esprit, alors c'est que je n'en ai pas, et je suis semblable à une motte de terre ou un morceau de bois, parce que rien n'existe à part de cette conscience et de cette connaissance.

Pourquoi l'Ainsi-Venu dit-il que ce n'est pas mon esprit ? Je suis surpris et troublé et pas un seul membre de cette grande assemblée ne reste hors du doute. J'espère seulement que l'Honoré du Monde aura de la compassion pour nous et instruira ceux qui ne se sont pas encore éveillés".

Alors, l'Honoré du Monde instruisit Ananda ainsi que la grande assemblée, souhaitant faire en sorte que leur mental entre dans l'état de patience avec la non-existence des êtres et des Dharmas.

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De son siège de lion, il caressa la tête d'Ananda et lui dit : "L'Ainsi-Venu a souvent dit que tous les dharmas qui surgissent ne sont que des manifestations du mental. Toutes causes et tous effets, les mondes, aussi nombreux que de fins grains de poussière, prennent leur substance à cause de l'esprit.

Ananda, si nous considérons toutes choses dans ce monde, y-compris les feuilles d'herbe et les brins de soie, lorsqu'on les examine à leur source fondamentale, on voit que chacun possède une nature; même l'espace vide a un nom et une apparence. Ainsi, comment pourrait l'esprit clair, merveilleux et pur, essence de toute pensée, être lui-même sans substance ?

Si tu insistes à l'effet que la nature qui est consciente, observe et connaît, est l'esprit, alors, à part de toutes formes, odeurs, goûts, et tangibles ; à part des effets de tous les objets de souillure ; cet esprit devrait avoir sa propre nature complète. Et pourtant, maintenant, si vous écoutez mon Dharma, c'est grâce au son que vous pouvez établir des distinctions.

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Même si vous pouviez mettre fin à toute vue, à toute entente, à toute conscience, et à toute connaissance et que vous mainteniez une équanimité interne, les ombres de vos distinctions parmi les dharmas demeureraient.

Je n'insiste pas sur le fait que tu admets que ce n'est pas l'esprit. mais examine ton esprit en détail fin pour voir s'il existe une nature discriminante à part des objets des sens. Ça, ça serait véritablement ton esprit.

Si la nature discriminante que tu découvres n'a pas de substance, à part des objets, alors ça n'en ferait qu'une ombre de distinction entre les objets mentaux. Les objets ne sont pas éternels, et lorsqu'ils cessent d'exister, un tel esprit serait comme de la fourrure sur une tortue ou des cornes sur un lapin. En ce cas, ton corps dharmique viendrait à finir en même temps qu'eux. Qui resterait-il, alors, pour cultiver et atteindre la patience avec la non-existence des êtres et des dharmas ?"

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À ce point, Ananda et tous les autres membres de la grande assemblée se trouvèrent sans voix et complètement perdus. Le Bouddha dit à Ananda : "Il y a les cultivateurs du monde qui, bien qu'ils atteignent les neuf stades successifs de samadhi n'arrivent pas à l'extinction des écoulements ni ne deviennent vénérables, tout ça parce qu'ils sont attachés à la naissance et à la mort et à la pensée erronée et les confondent pour ce qui est réellement vrai. C'est pourquoi, maintenant, en dépit de ta grande érudition, tu n'as pas encore atteint la sagesse".

En entendant cela, Ananda pleura encore tristement, plaça ses cinq membres sur le sol, s'agenouilla sur ses deux genoux, joignit les paumes de ses mains et dit au Bouddha "Depuis que je suis le Bouddha et que j'ai quitté la maison, je me suis reposé sur l'impressionnant esprit du Bouddha. J'ai souvent pensé : "Il n'y a pas de raison que je travaille à la culture", m'attendant toujours à ce que l'Ainsi-Venu me confère la samadhi. Je ne m'étais jamais rendu compte qu'il ne pouvait se mettre à ma place en corps et en esprit.

J'ai ainsi perdu mon esprit originel et quoique mon corps avait quitté la vie de famille, mon esprit n'est pas entré sur la Voie. je suis comme le pauvre fils qui a renoncé à son père et qui est parti en errance.

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C'est pourquoi je me rend compte, aujourd'hui, que malgré ma grande érudition, si je ne cultive pas, cela équivaut à n'avoir rien appris; tout comme quelqu'un qui ne parlerait que de nourriture ne mangerait jamais à sa faim.

Honoré du Monde, nous sommes maintenant liés par les deux obstructions et qu'en conséquence nous ne percevons pas la nature tranquille et éternelle de l'esprit. J'espère seulement que l'Ainsi-Venu aura de l'empathie avec nous pauvres et misérables que nous sommes, et nous fera découvrir le merveilleux esprit clair, et ouvrira nos yeux de la Voie".

Alors, de la svastika "myriade" qu'il avait sur sa poitrine, l'Ainsi-Venu déversa une lumière pareille à une gemme. Irradiant de centaines de milliers de couleurs, cette brillante lumière se répandit simultanément dans les dix directions vers des domaines bouddhiques aussi nombreux que de fins grains de poussière, oignant la tête de chaque Ainsi-Venu dans toutes ces terres bouddhiques montées de joyaux de toute les dix directions. Elle reflua alors sur Ananda et sur la grande assemblée.

Le Bouddha dit alors à Ananda : "Je vais maintenant dresser la grande bannière du Dharma pour toi, afin que tous les êtres vivants dans les dix directions puissent obtenir l'extraordinaire secret subtil, la pure nature, l'esprit clair et obtiennent ces yeux purs".
Dernière édition par Coeur de Loi le Mer 23 Juin 2010 11:24, édité 2 fois.
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Re: Le soutra de la marche héroïque

Messagede Coeur de Loi » Jeu 10 Juin 2010 09:30

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Chapitre 2
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"Ananda, tu m'as dit que tu avais vu mon poing de claire lumière. Comment a-t-elle pris la forme d'un poing ? Comment le poing a-t-il pu émettre de la lumière ? Comment était fait le poing ? Par quel moyen as-tu pu le voir ?"

Ananda répondit : "Le corps du Bouddha est né de la pureté et de la propreté, et il assume donc la couleur de l'or de la rivière Jambu avec de sombres reflets rouges. C'est pourquoi il brillait, aussi brillant et aveuglant qu'une montagne précieuse. C'étaient en fait mes yeux qui ont vu le Bouddha replier ses cinq doigts rouellés pour qu'ils forment un poing qui a été montré à nous tous".

Le Bouddha dit à Ananda : "Aujourd'hui, l'Ainsi-Venu va t'exposer la vérité : tous ceux qui ont la sagesse peuvent atteindre l'Éveil au moyen d'exemples. Ananda, prend par exemple mon poing : si je n'avais pas une main, je ne pourrais pas serrer le poing. Si tu n'avais pas d'yeux, tu ne pourrais pas voir. Si tu appliques l'exemple de mon poing au cas de tes yeux, le principe est-il le même ?"

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Ananda dit : "Oui, Honoré du Monde. Puisque je ne puis voir sans mes yeux, si on applique l'exemple du poing de l'Ainsi-Venu au cas de mes yeux, le principe est le même". Le Bouddha dit à Ananda : "Tu dis que c'est le même, mais ce n'est pas exact. Pourquoi ? Si quelqu'un n'a pas de main, son poing a disparu pour toujours. Mais celui qui n'a pas d'yeux n'est pas entièrement dépourvu de vue. Pourquoi pas ? Fais l'essai de consulter un aveugle dans la rue : "Que vois tu ?" Tout aveugle te répondra certainement : "Je ne vois à cet instant que l'obscurité devant mes yeux. Rien d'autre ne rencontre mon regard".

Le sens en est évident. S'il voit de l'obscurité devant lui, comment pourrait-on considérer que sa vue est "perdue" ?" Ananda dit : "La seule chose que les aveugles voient devant leurs yeux est l'obscurité. Comment peut-on appeler cela voir ?" Le Bouddha dit à Ananda : "Y a-t-il une différence quelconque entre l'obscurité que voient les aveugles, qui n'ont pas l'usage de leurs yeux et celle que voit celui qui en a l'usage lorsqu'il se trouve dans une pièce sans lumière ?

Affirmé de cette manière, Honoré du Monde, il n'y a aucune différence entre les deux sortes de noirceur, celle vue par une personne dans une pièce sombre et celle que voit l'aveugle. Ananda, si la personne qui n'a pas l'usage de ses yeux qui ne voit que l'obscurité devait tout soudain récupérer l'usage de la vue et voir toutes sortes de formes, et que tu disais que ce sont ses yeux qui voient, alors, lorsqu'une personne enfermée dans une pièce sans lumière et qui ne voit que l'obscurité voyait tout soudain toutes sortes de formes parce qu'on a allumé une lampe, alors, il te faudrait dire que c'est la lampe qui voit.

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Si c'était la lampe qui voyait, elle serait dotée de la vue. Mais alors, nous ne l'appellerions plus une lampe. D'autre part, si c'était la lampe qui voyait, qu'est-ce que ça aurait à voir avec toi ? En conséquence, il faut que tu saches qu'alors que la lampe peut révéler les formes, ce sont les yeux et non la lampe qui voient. Et puisque les yeux peuvent révéler les formes, la nature de la vue provient du mental, pas des yeux".

Quoiqu'Ananda et tout le monde dans la grande assemblée aient entendu ce qui venait d'être dit, leurs mentaux n'avaient pas encore compris, et c'est pourquoi ils restèrent silencieux. Dans l'espoir d'entendre davantage des doux sons de l'enseignement de l'Ainsi-Venu, ils joignirent la paume de leurs mains, purifièrent leurs mental, et attendirent debout l'enseignement compatissant de l'Ainsi-Venu.

Alors, l'Honoré du Monde étendit sa main brillante qui est aussi douce que du coton tula, ouvrit ses cinq doigts palmés, et dit à Ananda et à la grande assemblée : "Dès que j'ai eu accompli la Voie, je suis allé au Parc des Cerfs, et pour le bénéfice d'Ajnatakaundinya et des cinq bhikshus, tout autant que pour vous, de la quadruple assemblée, j'ai dit : "C'est parce que les êtres sont empêchés par les impuretés transitoires et les afflictions qu'ils ne réalisent pas l'Éveil ou ne deviennent pas des Arhats". À cette époque, qu'est-ce qui a fait que vous, qui avez maintenant réalisé les divers fruits de la sagesse, ayez atteint l'Éveil ?"

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Alors Ajnatakaundinya se leva et dit au Bouddha : "Parmi les anciens ici présents dans la grande assemblée, moi seul ai reçu le nom de "Compréhension" parce que j'ai été éveillé à la signification des impuretés transitoires et en ai réalisé le fruit.

Honoré du Monde, on peut faire l'analogie avec un voyageur qui s'arrête comme hôte dans une auberge sur la route, peut-être pour la nuit, ou peut-être pour un repas. Lorsqu'il a fini de loger là, ou lorsqu'il a fini son repas, il fait ses bagages et repart. Il ne reste pas là à loisir. L'hôtelier lui, ne part pas, cependant.

Si on le considère ainsi, celui qui ne reste pas est appelé l'hôte et celui qui reste est l'hôtelier. L'hôte transitoire, donc est celui qui ne reste pas. Encore une fois, on peut faire l'analogie avec la façon dont le soleil se lève, resplendissant dans le matin clair, ses rayons d'or entrant à flots dans une maison par une fente, révélant ainsi des particules de poussière dans l'air. La poussière danse dans les rayons de lumière, mais l'espace vide reste immobile.

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Considérant les choses ainsi, ce qui est clair et immobile est appelé espace, et ce qui bouge est appelé poussière. La poussière impure est donc ce qui bouge".

Le Bouddha dit : "Il en est ainsi". Alors, au milieu de la grande assemblée, l'Ainsi-Venu replia ses cinq doigts palmés. Après les avoir pliés, il les rouvrit. Après quoi il les ouvrit, les replia, et demanda à Ananda : "Que vois-tu maintenant ?". Ananda répondit : "Je vois la main de l'Ainsi-Venu s'ouvrir et se refermer au sein de la grande assemblée, révélant ses paumes aux centaines de joyaux".

Le Bouddha dit à Ananda : "Tu vois ma main s'ouvrir et se fermer dans l'assemblée. Est-ce ma main qui s'ouvre et se ferme, ou est-ce ton voir qui s'ouvre et se referme ?"

Ananda dit :"La main ornée de joyaux de l'Honoré du Monde s'est ouverte et s'est refermée dans l'assemblée. J'ai vu la main-même de l'Ainsi-Venu s'ouvrir et se refermer alors que ma nature voyante ne s'est ni ouverte ni refermée".

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Le Bouddha dit : "Qu'est-ce qui a bougé, et qu'est-ce qui est resté immobile ?" Ananda répondit : "La main du Bouddha n'est pas restée au repos. Et puisque ma nature voyante est au-delà de l'immobilité même, comment ne pourrait-elle être au repos ?"

Le Bouddha dit : "Il en est ainsi".

Alors de sa paume rouellée, l'Ainsi-Venu envoya un rayon de lumière semblable à une gemme voler à droite d'Ananda. Celui-ci tourna immédiatement la tête et regarda à sa droite. Le Bouddha envoya alors un autre rayon de lumière à gauche d'Ananda. Celui-ci tourna encore une fois la tête et regarda à sa gauche.

Le Bouddha dit à Ananda : "Pourquoi as-tu tourné la tête à l'instant ?" Ananda dit : "J'ai vu l'Ainsi-Venu émettre une merveilleuse lumière semblable à un joyau qui a brillé sur ma droite et sur ma gauche, c'est pourquoi j'ai regardé à droite et à gauche. Ma tête a bougé toute seule".

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Ananda, lorsque tu as capté la lumière du Bouddha et que tu as bougé la tête à droite et à gauche, était-ce ta tête qui bougeait ou ta vue qui a bougé ?"; Honoré du Monde, ma tête a bougé d'elle-même. Comme ma nature voyante est au-delà de la cessation même, comment pourrait-elle bouger ?"

Le Bouddha dit : "Il en est ainsi". Alors l'Ainsi-Venu dit à tous dans l'assemblée : "Normalement, les êtres diraient que la poussière souillante bouge et que l'hôte transitoire ne reste pas. Tu as observé que c'était la tête d'Ananda qui avait bougé; et pourtant sa vue n'a pas bougé. Tu as aussi observé ma main s'ouvrir et se fermer, et pourtant ta vue ne s'est ni étirée ni pliée.

Pourquoi continues-tu de te fier à tes corps physiques qui bougent et à l'environnement extérieur qui bouge aussi ? Du commencement à la fin, ceci fait que chacune de tes pensées est sujette à la production et à l'extinction. Tu as perdu ta vraie nature et te conduis à l'envers du bon sens. Ayant perdu ta vraie nature et ton vrai esprit, tu prends les objets pour toi-même, et t'attaches à faire tourner la roue des renaissances".

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Lorsqu'Ananda et la grande assemblée entendirent les instructions du Bouddha, ils en furent pacifiés et composés autant en corps qu'en esprit. Ils se rappelèrent que depuis des temps immémoriaux, ils s'étaient éloignés de leur véritable esprit fondamental en prenant par erreur les ombres des différentiations des souillures conditionnées pour la réalité. Maintenant, de ce jour où ils furent éveillés, ils étaient chacun comme un enfant perdu qui retrouve soudain sa mère bien-aimée. Ils joignirent leurs paumes pour faire obédience au Bouddha.

Ils souhaitèrent entendre l'Ainsi-Venu les éveiller à la nature duelle de corps et de l'esprit, à ce qui est faux, à ce qui est vrai, et à ce qui est vide et à ce qui existe, et à ce qui est sujet à production et à extinction et à ce qui transcende la production et l'extinction.

Alors, le roi Prasenajit se leva et dit au Bouddha : "Par le passé; lorsque je n'avais pas encore reçu les enseignements du Bouddha, j'avais rencontré Katyayana et Vairatiputra, et tous deux m'avaient dit que ce corps se termine avec la mort et que c'est là le Nirvâna. Aujourd'hui, quoique j'aie rencontré le Bouddha, Je me demande toujours ce qu'il en est.

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Comment puis-je m'affairer à réaliser l'esprit au niveau de la non-production et de la non-extinction ? Maintenant, tous ceux qui, dans cette grande assemblée ont encore des écoulements souhaitent aussi être instruits de ce sujet".

Le Bouddha dit au grand roi : "Parlons de ton corps tel qu'il est à l'instant. je te demande donc, est-ce que ton corps physique sera comme le diamant, indestructible et vivant pour toujours ? Ou changera-t-il et se détériorera-t-il ?"

- "Honoré du Monde, ce mien corps continuera à changer jusqu'à ce qu'un jour il périsse"

Le Bouddha dit : "Grand roi, tu n'as pas encore péri. Comment sais-tu que tu périras un jour ?"

- "Honoré du Monde, quoique mon corps impermanent, changeant, et pourrissant ne se soit pas encore éteint, je l'observe maintenant, à mesure que chaque pensée fugace s'évanouit. Chaque nouvelle pensée ne réussit pas à demeurer, mais s'éteint graduellement, comme le feu transforme le bois en cendres. cette extinction incessante me convainc que ce corps périra un jour complètement"

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Le Bouddha dit : "Il en est ainsi. Grand roi, à ton âge actuel, te voilà déjà vieux et déclinant. De quelle manière ton apparence et ton teint s'apparentent-ils à ceux que tu avais quand tu étais jeune ?"

- "Honoré du Monde, par le passé, lorsque j'étais jeune, ma peau était lisse et brillante Quand j'ai atteint la fleur de ma jeunesse, mon sang et mon souffle étaient pleins. Mais maintenant, dans mes années de déclin, dans ma course vers la vieillesse, ma forme est flétrie et ratatinée et mon esprit est engourdi. Mes cheveux sont blancs et mon visage est ridé, et il ne me reste que peu de temps. Comment pourrais-je seulement me comparer à la façon dont j'étais quand j'étais dans la fleur de l'âge ?"

Le Bouddha dit : "Grand roi, ton apparence ne devrait pas décliner si soudainement"

Le roi répondit : "Honoré du Monde, le changement a été une transformation cachée dont je n'ai honnêtement pas été conscient. J'en suis arrivé là graduellement avec le passage des hivers et des étés.

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Comment cela s'est-il produit ? Dans ma vingtaine, j'étais encore jeune, mais mes traits avaient vieilli depuis mes dix ans. Ma trentaine, fut un déclin supplémentaire par rapport à la vingtaine, et maintenant, à soixante-deux ans, je me revois à la cinquantaine comme frais et gaillard.

Honoré du Monde, je constate aujourd'hui ces transformations cachées. quoique les changements induits par ce processus de mort à travers les décennies sont évidents, je pourrais les considérer de façon encore plus détaillée : ces changements ne se produisent pas seulement par périodes de douze ans; il y a en fait des changements qui s'opèrent année après année. Non seulement sont-ce des changements annuels, mais ce sont aussi des transformations mensuelles. Ni ne s'arrête-ce à des changements mois après mois; il y a aussi des différences jour après jour. Si je les examine de près, je trouve que instant après instant, pensée après pensée, ils ne s'arrêtent jamais.

C'est ainsi que je sais que mon corps continuera de changer jusqu'à ce qu'il périsse".

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Le Bouddha dit au Grand roi : "En observant les incessants changements de ces transformations, tu t'éveilles et connais ta perte, mais sais-tu aussi qu'au moment de périr, il y a quelque chose dans ton corps qui ne s'éteint pas ?"

Le roi Prasenajit joignit ses paumes et dit au Bouddha : "Je n'en sais vraiment rien"

Le Bouddha dit : "Je vais maintenant te montrer la nature qui n'est ni produite ni éteinte. Grand roi, quel âge avais-tu quand tu as vu les eaux du Gange ?"

Le roi dit : "Quand j'avais trois ans, ma mère compatissante m'a amené visiter la déesse Jiva. Nous avons passé une rivière, et à ce moment, j'ai su que c'étaient les eaux du Gange".

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Le Bouddha dit : "Grand roi, tu as dit que lorsque tu avais vingt ans, tu t'étais détérioré par rapport à tes dix ans. Jour après jour, mois après mois, année après année, jusqu'à ce que tu atteignes soixante ans, pensée après pensée, tu as observé les changements. Et pourtant, lorsque tu as vu le Gange à l'âge de trois ans, en quoi était-il différent par rapport au jour de tes treize ans ?"

Le roi dit : "Il n'était en rien différent de ce qu'il était lors de me trois ans, et même au jour de mes soixante-deux, il n'est toujours en rien différent".

Le Bouddha dit : "Maintenant, tu te plains de ce que tes cheveux sont blancs et que ton visage est ridé. De la même manière ton visage est certainement plus ridé qu'il ne l'était dans ta jeunesse, est-ce que le regard que tu portes sur le Gange a vieilli, de sorte qu'il est maintenant vieux mais était jeune alors que tu voyais le fleuve en tant qu'enfant, par le passé ?"

Le roi répondit : "Non, Honoré du Monde".

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Le Bouddha dit : "Grand roi, ton visage est ridé, mais la nature essentielle de ta vue ne se ridera jamais. Ce qui se ride est sujet à changement. Ce qui ne ride pas ne change pas. Ce qui change périra mais ce qui ne change pas est fondamentalement libre de production et d'extinction. Comment pourrait-ce être sujet à ta naissance et à ta mort ? Qui plus est, pourquoi ramener ce que Maskari Goshaliputra et les autres disent, qu'après la mort de ce corps il y a totale annihilation ?"

Le roi entendit ces paroles, les crut et se rendit compte que lorsque la vie de ce corps est terminée, il y aura renaissance. Lui et toute la grande assemblée furent grandement ravis d'avoir obtenu ce qu'ils n'avaient jamais eu auparavant.

Ananda se leva alors de son siège, rendit obédience au Bouddha, joignit ses paumes, s'agenouilla sur ses deux genoux et dit au Bouddha : "Honoré du Monde, si cette vue et cette ouïe sont effectivement ni produites ni éteintes, pourquoi l'Honoré du Monde parle-t-il de nous comme ayant perdu nos vraies natures et que nous nous affairons à l'envers du bon sens ? J'espère que l'Honoré du Monde fera surgir sa grande compassion et lavera ma poussière et mes souillures".

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Alors, l'Ainsi-Venu laissa tomber son bras doré de sorte que ses doigt palmés pointaient vers le sol, et montrant ceci à Ananda, dit : "Tu vois la position de ma main : est-elle à l'envers ou à l'endroit ?"

Ananda répondit : "Dans le monde, on dit qu'elle est à l'envers. Moi-même je ne sais pas ce qui est à l'endroit et ce qui est à l'envers".

Le Bouddha dit à Ananda : "Si les gens du monde considèrent que ceci est à l'envers, que considèrent-ils qui soit à l'endroit ?"

Ananda répondit : "Ils disent à l'endroit lorsque l'Ainsi-Venu lève la main avec les doigts de sa main douce comme du coton qui pointent vers le ciel".

Le Bouddha leva alors la main et dit : "Ainsi, pour qu'elle soit à l'envers, il suffirait qu'elle soit dans la position opposée à celle-ci. C'est du moins que les gens du monde le verraient.

De la même manière, ils feront la différence entre ton corps et le pur corps dharmique de l'Ainsi-Venu et diront que le corps de l'Ainsi-Venu en est un de connaissance correcte et universelle, alors que ton corps est à l'envers.

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Mais examine et ton corps et celui du Bouddha de près, en ce qui concerne cette histoire de sens-dessus-dessous : à quoi se réfère exactement ce terme "à l'envers" ?"

Là dessus, Ananda et toute la grande assemblée furent stupéfait et regardèrent sans sourciller le Bouddha. Ils ne savaient pas de quelle manière leurs corps et leurs esprits étaient à l'envers. La compassion du Bouddha survint lorsqu'il empathisa avec Ananda et tous ceux présents dans la grande assemblée et il leur parla d'une voix qui passa sur eux comme la marée de l'océan.

"À vous tous, bonnes gens, j'ai souvent dit que toutes les conditions qui amènent les formes et l'esprit autant que les dharmas qui appartiennent à l'esprit et aussi tous les dharmas conditionnés sont des manifestations de l'esprit seulement. Vos corps et vos esprits apparaissent tous à l'intérieur de l'émerveillement de l'esprit clair, véritable, essentiel, et magnifique.

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Pourquoi dis-je que vous avez perdu trace de ce qui est fondamentalement merveilleux, l'esprit clair, parfait et merveilleux, et qu'au milieu de votre nature merveilleuse et claire comme une gemme, vous vous vautrez dans la confusion tout en étant en plein dans l'Éveil ? La faiblesse mentale se transforme en vacuité. La vacuité, dans la faiblesse, s'unit avec l'obscurité pour devenir la forme.

La forme se mélange avec les pensées erronées et celles-ci prennent forme et deviennent le corps. Comme les conditions causales s'assemblent, il y a de perpétuelles perturbations internes qui tendent à galoper au dehors. Ce trouble interne est souvent pris à tort pour la nature de l'esprit.

Une fois qu'on l'a pris par erreur pour l'esprit, une illusion ultérieure détermine ce qui est situé dans le corps physique. Vous ignorez que le corps physique tout autant que les montagnes, les rivières, l'espace vide, et la grande terre sont tous à l'intérieur du merveilleux et véritable esprit clair.

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Cette illusion est comme d'ignorer des centaines de milliers de mers claires et pures et de ne remarquer qu'une seule bulle, la prenant pour l'océan en entier, pour l'étendue complète des mers grandes et petites.

Vous tous êtes doublement dans l'illusion parmi ceux qui sont qui sont dans l'illusion. Une telle illusion n'est pas différente de celle que ma main abaissée a causé. L'Ainsi-Venu dit que vous êtes pathétiques".

Ayant reçu le secours compatissant et la profonde instruction du Bouddha, Ananda pleura, replia les mains et dit au Bouddha : "J'ai entendu ces merveilleux sons du Bouddha et me suis éveillé à la perfection fondamentale du merveilleux esprit clair comme étant la base de l'esprit demeurant éternellement.

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Mais maintenant, m'éveillant aux sons du Dharma que prononce le Bouddha, je sais que j'ai utilisé mon esprit conditionné pour les considérer et les révérer. Ayant tout juste pris conscience de cet esprit, j'ose pourtant prétendre que je reconnais cette base de l'esprit fondamental.

Je prie le Bouddha d'avoir de la compassion et de nous expliquer de sa voix parfaite comment nous pourrons arracher les racines de nos doutes et pourrons ainsi revenir à la Voie insurpassée".

Le Bouddha dit à Ananda : "Toi, et d'autres comme toi écoutent encore le Dharma avec l'esprit conditionné, et c'est pourquoi le Dharma devient conditionné à son tour, et que vous n'obtenez pas la nature dharmique.

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C'est comme quelqu'un qui pointerait son doigt vers la lune pour la montrer à quelqu'un d'autre. Guidé par le doigt, l'autre personne devrait voir la lune. Si au contraire il regarde le doigt et le confond avec la lune, il perd non seulement la lune, mais le doigt aussi. Pourquoi donc ? Parce qu'il confond le doigt pointé avec la lune brillante.

Non seulement perd-il le doigt, mais il manque aussi de comprendre la lumière et l'obscurité. Pourquoi donc ? Il confond la matière solide du doigt avec la nature brillante de la lumière, et c'est pourquoi il ne comprend pas les deux natures de lumière et d'obscurité. Il en est de même pour vous.

Si vous prenez ce qui distingue le son de mon Dharma parlant pour votre esprit, alors cet esprit lui-même, à part du son qui est distingué, devrait avoir une nature qui opère les distinctions Prends l'exemple de l'hôte qui a passé une nuit à l'auberge; il s'est arrêté temporairement, puis a continué sa route. Il n'est pas resté de façon permanente, alors que l'aubergiste n'est allé nulle part, vu qu'il était le patron de l'auberge.

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La même chose s'applique ici ? Si c'était vraiment ton esprit, il ne partirait nulle part. Alors, pourquoi est-ce qu'en l'absence de son il n'a pas une nature discriminante à lui ? Ceci, donc, ne s'applique pas seulement au fait de distinguer le son, mais en distinguant mon apparence, cet esprit n'a pas une nature à faire des distinctions à part des attributs de la forme.

Ceci est vrai même lorsque le fait de faire des distinctions, lorsqu'il n'y a ni forme ni vacuité, ou dans l'obscurité que Goshali et d'autres prennent pour la "vérité profonde" : c'est-à-dire que l'esprit n'a toujours pas de nature qui fasse les distinctions en l'absence des conditions occasionnelles.

Comment pouvons-nous dire que la nature de ce vôtre esprit joue le rôle de l'aubergiste vu que tout ce qui est perçu par lui peut être retourné à quelque chose d'autre ?"

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Ananda dit : "Si chaque état de notre esprit peut être retourné à quelque chose d'autre que sa cause, alors pourquoi est-ce que le merveilleux et clair esprit originel mentionné par le Bouddha retourne nulle part ? Nous espérons seulement que le Bouddha se mettra à notre niveau et nous l'expliquera".

Le Bouddha dit à Ananda : "Comme tu me regardes à l'instant, l'essence de ta vue est fondamentalement claire. Quoique cette vision ne soit pas la merveilleuse et essentielle clarté de l'esprit, elle est comme une seconde lune, bien plus que le reflet de celle-ci.

Écoute attentivement, car je vais maintenant t'expliquer le concept du non-retour à quoi que ce soit.

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Ananda, cette grande salle de conférences est ouverte vers l'est. Lorsque le soleil monte dans le ciel, elle est inondée de lumière. À minuit, pendant une nouvelle lune, ou lorsque celle-ci est cachée par des nuages ou du brouillard, elle est dans l'obscurité. Si on regarde par les portes ouvertes ou par les fenêtres, la vision n'est pas gênée, mais si on fait face à un mur ou à des maisons, elle l'est.

En de tels endroits où il y a des formes aux apparences définies, ta vision est conditionnée au plan causal. Dans un vide sans relief, tu ne peux voir que la vacuité. Ta vision sera distordue lorsque les objets de la vue sont enveloppées dans la poussière ou la vapeur; tu percevras clairement lorsque l'air est frais.

Ananda, observe toutes ces caractéristiques transitoires à chaque fois que je ramène chacune à sa source. Que sont leurs sources ? Ananda, parmi ces transitions, on peut ramener la lumière au soleil. Pourquoi ? Sans le soleil, il n'y aurait pas de lumière, et donc la cause de la lumière appartient au soleil et peut donc lui être ramenée. L'obscurité peut être ramenée à la nouvelle lune. La pénétration peut être ramenée aux portes et aux fenêtres, alors que l'obstruction peut être ramenée aux murs et aux avant-toits.

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Les conditions peuvent être ramenées aux distinctions. La vacuité peut être ramenée à la vacuité sans relief. L'obscurité et la distortion peuvent être ramenées au brouillard et à la brume. La claire pureté peut être ramenée à la fraîcheur, et rien de ce qui existe en ce monde ne va au-delà de ces catégories".

Auquel des huit états de perception l'essence de ta vue pourrait-elle être réductible ? Pourquoi est-ce que je demande cela ? Si on la ramenait à la clarté, on ne verrait pas l'obscurité, quand il n'y a pas de lumière. Quoique ces états de perception que sont la lumière, l'obscurité, et ainsi de suite, diffèrent l'un de l'autre, ta vue n'en est pas altérée.

Ce qui peut être ramené à d'autres sources n'est de toute évidence pas toi; si ce qu'on ne peut pas ramener à rien d'autre n'est pas toi, alors qu'est-ce don ?

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J'en déduis donc que ton esprit est fondamentalement merveilleux, pur et sans illusion. Vous vous vous méprenez sur ce qui est fondamental, et finissez par encourir le cycle des renaissances, tressautant dans la mer de la naissance et de la mort. Rien d'étonnant à ce que l'Ainsi-Venu dise que vous êtes la plus pathétique des créatures".

Ananda dit : "Quoique je reconnaisse que la nature de la vue ne puisse être ramenée à rien d'autre, comment pourrais-je savoir si elle est ma vraie nature ?"

Le Bouddha dit à Ananda : "J'ai maintenant une question à te demander. À cet instant, tu n'as pas encore atteint la pureté du sans écoulements. Béni par la force spirituelle du Bouddha, tu peux voir dans le ciel du premier état de contemplation sans obstruction, de même qu'Aniruddha regarde Jambudvipa aussi clairement que s'il avait un fruit d'amala dans la paume de sa main.

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Les Bodhisattvas peuvent voir des centaines de milliers de domaines. Les Ainsi-Venus des dix directions voient tout à travers toutes les terres pures comme d'infimes grains de poussière. Par contraste, la vue des êtres ordinaires ne s'étend pas au-delà d'une fraction de pouce.

Ananda, alors que toi et moi considérons le palais où les quatre rois célestes résident, et que nous inspectons tout ce qui se meut dans les eaux, sur la terre ferme, et dans les airs, il y en a de sombres et de clairs, changeants de formes et d'apparences, et pourtant ils ne sont tous rien que de la poussière devant nous , prenant forme solide que de par les propres distinctions que nous faisons.

Parmi celles-ci, il faut que tu distingues ce qui est le Soi et ce qui est autre. Je te demande donc de choisir ce qui dans ta vue est la substance du Soi et ce qui est l'apparence des choses.

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Ananda, si tu regardes bien tout partout, dans l'étendue de ta vision, s'étendant des palais du soleil et de la lune jusqu'aux sept chaînes de montagnes d'or, tout ce que tu vois sont des phénomènes de différents aspects et degrés de lumière. De plus près, tu verras graduellement des nuages qui flottent, des oiseaux qui volent; des vents qui soufflent, de poussière soulevée, des arbres, des montagnes, des cours d'eau, des plantes, des graines, des gens et des animaux, l'ensemble desquels étant des phénomènes, mais aucun desquels n'étant toi.

Ananda, tous les phénomènes, de près ou de loin, ont leur propre nature. Quoique chacun soit distinctement différent, ils sont tous vus de la même pure essence de la vue. Ainsi, toutes les catégories de phénomènes possèdent leur propre distinctions, mais la nature de la vue n'a pas de différences. Cette clarté merveilleuse essentielle est très certainement notre nature de vue.

Si la vue était un phénomène, alors tu devrais aussi pouvoir voir ma vision.

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Si nous regardions tous les deux le même phénomène, tu serais aussi en train de voir ma vision. Alors, quand je ne suis pas en train de voir, pourquoi ne peux tu voir mon non-voir ? D'autre part, si ta vision des phénomènes était ainsi, alors lorsque tu vois des choses, ces choses aussi devraient te voir. Avec substance et nature mélangées, toi et moi et personne dans le monde entier ne pourrait plus être distingué l'un de l'autre.

Ananda, quand tu vois, c'est toi qui vois, pas moi. La nature de la vision se trouve partout; à qui appartient-elle, si elle n'est pas tienne ?

Pourquoi as-tu des doutes sur ta propre nature et viens-tu à moi pour le vérifier, en pensant que ta nature n'est pas vraie ?

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Ananda dit au Bouddha : "Honoré du Monde, étant donné que cette nature de la vision est certainement la mienne et celle de personne d'autre, lorsque l'Ainsi-Venu et moi regardons la salle des Quatre rois célestes avec sa suprême abondance de joyaux ou que nous demeurons au palais du soleil et de la lune, cette vision se répand à travers les terres du monde Saha. En revenant à cette sublime salle de conférences, la vision n'observe que les terrains monastiques et, une fois à l'intérieur de la pure salle centrale, elle ne voit que les portes et les corridors.

Honoré du Monde, c'est là comment est la vision. Au début, sa substance s'étend partout à travers ce seul domaine, mais maintenant, au milieu de cette pièce elle ne remplit que cette seule pièce. Est-ce que la vision rétrécit de grande à petite, ou est-ce que les murs et les portes se compriment et l'enlèvent ? Maintenant, je ne sais pas où le sens de ceci se trouve et espère que le Bouddha étendra sa compassion et l'exposera complètement pour moi."

Le Bouddha dit à Ananda : "Tous les aspects de tout ce qu'il y a au monde, comme petit et grand, dedans et dehors, ne valent que de la poussière devant toi. Ne dis pas que la vision s'étend et rétrécit. Considère l'exemple d'un contenant carré dans lequel un voit un carré de vide. Je te le demande encore : est-ce que le vide en carré qu'on voit dans le contenant carré a une forme fixe, ou est-ce qu'il n'est pas fixé dans la forme du contenant carrée ?

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Si c'est une forme carrée fixe, lorsqu'on la met dans un contenant rond, le vide ne serait pas rond. Si ce n'est pas une forme fixe, alors, lorsqu'il se trouve dans un contenant carré, il ne s'agirait pas d'un vide en carré.

Tu dis que tu ne sais pas où se situe le sens. La nature de la signification étant ce qu'elle est, comment peux-tu parler de son emplacement ?

Ananda, si tu souhaitais qu'il n'y ait ni quadrature, ni rotondité, tu aurais seulement besoin de retirer le contenant. Le vide essentiel n'a pas de forme, et de la sorte, ne dis pas qu'il te faudrait aussi enlever sa forme au vide.

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Si, comme tu le suggères, ta vision se rétrécit et devient petite lorsque tu entres dans une chambre, alors, lorsque tu lèves le regard vers le soleil, ta vision ne devrait-elle pas s'arracher de toi jusqu'à ce qu'elle atteigne la surface du soleil ? Si les murs et les portes peuvent se rapprocher et arrêter ta vue, alors pourquoi est-ce que si tu perçais un petit trou, on ne constaterait pas que la vue est rétablie ? De la sorte, cette idée ne tient pas.

Depuis des temps immémoriaux, tous les êtres se sont pris erronément pour les phénomènes et, ayant perdu de vue leur esprit originel, ils sont influencés par les phénomènes et finissent par avoir l'étendue de leurs observations définies par des limites grandes et petites.

Si tu peux influencer les phénomènes, alors tu es semblable à l'Ainsi-Venu. Avec le corps et l'esprit parfaits et clairs, tu es ton propre lieu-chemin immuable. Le bout d'un seul cheveu fin peut complètement contenir les terres des dix directions".

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Ananda dit au Bouddha : "Honoré du Monde, si cette essence de la vue est vraiment ma nature merveilleuse, celle-ci ne devrait pas être juste devant moi. La vue étant vraiment moi, que sont alors mon corps et mon esprits actuels ? Et pourtant, ce sont mon corps et mon esprit qui font les distinctions, alors que la vue ne fait pas de distinctions et ne discerne pas mon corps.

Si c'était vraiment mon mental qui me faisait voir maintenant, alors la nature de la vue serait en fait moi-même, et mon corps ne serait pas moi. Comment cela serait-il différent de la question posée par L'Ainsi-Venu sur les phénomènes pouvant me voir ? J'espère seulement que le Bouddha étendra sa grande compassion et l'expliquera à ceux qui ne sont pas encore éveillés".

Le Bouddha dit à Ananda : "Ce que tu viens tout juste de dire; que la vue est devant toi; ce n'est en fait pas le cas". Si cela était réellement devant toi, ce serait quelque chose que tu pourrais vraiment voir, et alors l'essence de la vue aurait un emplacement. Il faudrait qu'il y en ait un minimum de preuve.

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Maintenant que te voilà assis dans le Bosquet de Jeta, tu regardes partout, le bosquet, l'étang, les salles, au-dessus, le soleil et la lune, ainsi que le Gange devant toi. Devant mon trône du Lion, montre ces diverses apparences : ce qui est sombre ce sont les bois, ce qui est brillant, c'est le soleil, ce qui obstrue ce sont les murs, ce qui est clair est la vacuité, et ainsi, en incluant jusqu'à l'herbe et aux arbres, ainsi que les objets les plus menus. Leur dimensions peuvent changer, mais comme ils ont tous une apparence, on peut tous les localiser.

Si tu insistes à l'effet que ta vue serait devant toi, alors tu devrais être en mesure de la montrer. Qu'est ce que le fait de voir ? Ananda, si la vacuité était la vue, comme ils sont déjà devenus la vue, qu'adviendrait-il des phénomènes ?

Tu devrais pouvoir couper à travers et peler les myriades d'apparences jusqu'au dernier degré et par là distinguer et faire ressortir la clarté essentielle et la pure merveille de la source de la vue, me la désignant et me la montrant parmi toutes ces choses, de sorte que ce soit parfaitement clair, au-delà de tout doute".

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Ananda dit : "De là où je suis maintenant, dans cette salle de cours aux multiples étages, avec vue sur le Gange, là-bas, et sur le soleil et la lune au-dessus, tout ce vers quoi je pourrais pointer le doigt, tout ce que mes yeux peuvent voir, tous sont des phénomènes : ils ne sont pas la vue. Honoré du Monde, c'est comme le Bouddha a dit : sans mentionner quelqu'un comme moi, un Auditeur du premier degré, qui a toujours des écoulements, même les Bodhisattvas ne peuvent ouvrir et révéler, parmi les myriades d'apparences qui se trouvent devant eux, l'essence de la vue, qui a une nature particulière, à part de tous les phénomènes".

Le Bouddha dit : "C'est cela-même, c'est cela-même".

Le Bouddha dit encore à Ananda : "Il en est comme tu l'as dit. On ne peut trouver aucune essence de la vue qui aurait une nature propre, à part de tous les phénomènes. En conséquence, tous les phénomènes que tu désignes sont des phénomènes et aucun d'entre eux n'est la vue. Je vais maintenant te dire autre chose : pendant que toi et l'Ainsi-Venu êtes assis ici dans le Jardin de Jeta et regardez encore les bosquets et les jardins, ainsi que le soleil et la lune, ainsi que toutes les différentes apparences, ayant déterminé que l'essence de la vision ne se trouve parmi rien que tu puisses désigner, je te conseille maintenant d'aller de l'avant et de découvrir ce qui, parmi tous ces phénomènes, n'est pas ta vue".

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Ananda dit : "En regardant ce Jardin de Jeta, je ne sais pas ce qu'il y a dedans qui pourrait ne pas être ma vue. Pourquoi cela ? Si les arbres n'étaient pas la vue, pourquoi verrais-je des arbres ? Si les arbres étaient la vue, alors comment pourraient-ils être aussi des arbres ? Il en va de même de tout jusqu'à et y-compris la vacuité : si la vacuité n'était pas la vue, pourquoi verrais-je de la vacuité ? Si la vacuité était la vue, alors comment pourrait-elle être aussi la vacuité ?

En le reconsidérant et en explorant les aspects les plus subtils des myriades d'apparences, aucune n'est pas vue".

Le Bouddha dit : "C'est ça, c'est bien ça".

Alors tous ceux qui, au sein de la grande assemblée, n'avaient pas atteint le stade au-delà de l'étude furent ébahis d'entendre ces paroles du Bouddha, et ne purent rien y comprendre. Ils étaient agités et abasourdis en même temps, ayant perdu leurs repères.

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L'Ainsi-Venu, sachant qu'ils étaient anxieux et ennuyés, permit à l'empathie de croître en son coeur et consola Ananda et les autres membres de la grande assemblée.

"Bonnes gens, ce que le roi du Dharma insurpassé dit est vrai et réel. Il le dit comme c'est. Il ne trompe jamais personne; il ne ment jamais. Il n'est pas comme Maskari Goshaliputra en train de défendre ses quatre sortes de non-mort, en train de cracher des théories trompeuses et embrouillées. Pensez-y avec soin et n'ayez pas de gêne à en parler".

Le Prince du Dharma, Manjuçri, ayant de la peine pour la quadruple assemblée, se leva de son siège au milieu de la grande assemblée, s'inclina devant les pieds du Bouddha, plaça ses paumes avec respect et dit au Bouddha : "Honoré du Monde, la grande assemblée ne s'est pas éveillée au principe de la double divulgation par l'Ainsi-Venu de l'essence de la vue comme étant autant forme que vacuité, et n'étant aucune d'entre elles.

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Honoré du Monde, si les formes conditionnées, la vacuité et autres phénomènes mentionnés auparavant étaient la vue, il devrait y en avoir une indication; et s'ils n'étaient pas la vue, il ne devrait rien y avoir là qu'on puisse voir. Nous ne savons donc pas ce qui est signifié et c'est pourquoi nous sommes alarmés et tracassés.

Et pourtant nos bonnes racines des vies antérieures ne sont pas déficientes. Nous espérons seulement que l'Ainsi-Venu aura pour nous la grande compassion de révéler exactement ce que toutes ces choses sont et ce qu'est l'essence de la vue. Parmi toutes ces choses, qu'est-ce qui existe et qu'est qui n'existe pas ?

Le Bouddha dit à Manjuçri et à la grande assemblée : "Pour les Ainsi-Venus comme pour les grands Bodhisattvas des dix directions, qui demeurent dans cette méditation, la vue et les conditions de la vue, de même que les pensées qui concernent la vue, sont comme des fleurs dans l'espace; fondamentalement non-existantes.

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Cette vue et ses conditions sont à l'origine la merveilleuse pure et claire substance de l'Éveil. Comment peut-on s'enquérir de son existence ou de sa non-existence ? Manjuçri, je te le demande maintenant : Pourrait-il y avoir un autre Manjuçri à part toi ? Ou est-ce que ce Manjuçri pourrait ne pas être toi ?

- "Non, Honoré du Monde : Je serais le vrai Manjuçri. Il ne pourrait pas y avoir un autre Manjuçri. Pourquoi pas ? S'il y en avait un autre, il y aurait deux Manjuçri. Mais comme c'est maintenant, je ne pourrais pas être ce Manjhusri non-existant. En fait, aucun des deux concepts, "existant" ou "non-existant", ne s'applique".

Le Bouddha dit : "C'est ainsi que la substance fondamentale du merveilleux Éveil est, en termes de vacuité et d'objets mondains.

Ils sont fondamentalement des noms erronés pour la merveilleuse clarté de l'Éveil insurpassé, l'esprit pur, vrai et parfait. Notre erreur les transforme en forme et vacuité, autant qu'en ouïe et en vue.

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Ils sont comme une deuxième lune : cette lune existe-t-elle ou non ?

Manjuçri, il n'y a en vérité qu'une seule lune. Cela ne laisse aucune place au doute sur son existence ou sa non-existence. En conséquence, la façon actuelle dont tu vois la vue et les objets mondains et la nombreuses observations que cela implique sont des pensées erronées. Tu ne pourras transcender l'existence et la non-existence tant que tu seras empêtré dedans.

Seule la véritable essence, la merveilleuse claire nature éveillée, est au-delà de désigner ou de ne pas désigner".

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Ananda dit au Bouddha : "Honoré du Monde, c'est vraiment comme le roi du Dharma l'a dit : la condition de l'éveil compénètre les dix directions. Il est clair et éternel que sa nature n'est ni produite ni éteinte. Comment diffère-t-elle donc de l'enseignement de l'Ancien brahmane Kapila sur la vérité mystérieuse ou des enseignements des ascètes couverts de poussière ou des autres sectes externalistes qui disent qu'il y a un Soi véritable qui compénètre les dix directions ?

Aussi, par le passé ,l'Honoré du Monde a donné une longue conférence sur ce sujet au Mont Lanka au bénéfice du Bodhisattva de Grande Sagesse et d'autres aussi : "Ces sectes externalistes parlent toujours de spontanéité. je parle des causes et des conditions, ce qui est un cadre de référence totalement différent".

Maintenant que j'observe l'Éveil original dans son état naturel, comme n'étant ni produit ni éteint, et séparé de toute fausseté ou inversion vides, il me semble n'avoir rien à voir avec vos causes et conditions pas plus qu'avec la spontanéité dont parlent les autres. Pourriez-vous, je vous prie, nous éclairer sur ce point que nous puissions éviter de nous joindre à ceux qui on des vues déviantes, ce qui nous permettrait d'obtenir l'esprit véritable, la claire nature de l'Éveil merveilleux ?"

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Le Bouddha dit à Ananda : "Je t'ai désormais instruit avec de tels expédients afin de te dire la vérité, et pourtant tu ne t'éveilles pas à elle mais tu confonds ce que je décris avec la spontanéité.

Ananda, si c'était absolument spontané, tu devrais pouvoir distinguer la substance de la spontanéité. Tu examines maintenant la merveilleuse vue claire. Quel est son aspect spontané ? Est ce la claire lumière qui est son aspect spontané ? Est ce l'obscurité qui est son aspect spontané ? Est ce la vacuité qui est son aspect spontané ? Sont-ce les objets qui sont son aspect spontané ?

Ananda, si son aspect spontané consistait dans la lumière, tu ne pourrais voir l'obscurité. Ou si son aspect spontané était la vacuité, tu ne pourrais voir des objets solides. En continuant ainsi, si son aspect spontané étaient tous les phénomènes d'obscurité, alors, lorsqu'elle est confrontée avec la lumière, la nature de la vision devrait être coupée et éteinte, alors comment pourrais-tu voir la lumière ?"

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Ananda dit : "La nature de cette vision merveilleuse ne semble absolument pas spontanée. je propose donc qu'elle est produite par les causes et les conditions. Mais ce n'est pas totalement clair pour moi. Je demande donc à l'Ainsi-Venu si cette idée est consistante avec la nature des causes et des conditions".

Le Bouddha dit : "Tu dis que la nature de la vue est les causes et les conditions ? Je te demande donc à ce sujet : puisque tu vois maintenant, la nature de la vision se manifeste. Est-ce que cette vue existe à cause de la lumière ? Existe-t-elle à cause de l'obscurité ? Existe-t-elle à cause de la vacuité ? Existe-t-elle à cause des objets solides ?

Ananda, si la lumière est la cause qui amène la vue, tu ne devrais pas pouvoir voir l'obscurité. Si l'obscurité est la cause qui amène la vue, tu ne devrais pas voir la lumière. La même question s'applique à la vacuité et aux objets solides.

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Qui plus est, Ananda, est-ce que la vue dérive des conditions à l'effet qu'il y a de la lumière ? Est-ce que la vue dérive des conditions à l'effet qu'il y a de l'obscurité ? Est-ce que la vue dérive des conditions à l'effet qu'il y a de la vacuité ? Est-ce que la vue dérive des conditions à l'effet qu'il y a des objets solides ?

Ananda, si elle existait parce qu'il y a la vacuité, tu ne pourrais voir les objets solides. Si elle existait parce qu'il y a objets solides, tu ne pourrais voir la vacuité : Il en irait de même avec la lumière ou l'obscurité comme il en serait avec la vacuité ou les objets solides.

Tu devrais ainsi savoir que la clarté essentielle, éveillée, merveilleuse n'est due ni aux causes, ni aux conditions, ni ne survient-elle spontanément. Ce n'est pas non plus la négation de la spontanéité. Ce n'est ni une négation ni la négation d'une négation.

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Tous les dharmas sont définis comme étant dépourvus d'attributs. Alors, au milieu d'entre eux, comment peux-tu user de ton esprit pour faire des distinctions basées sur un débat raffiné et du jargon technique ? Faire ainsi, c'est comme saisir de l'espace vide : on ne fait que se fatiguer. Comment l'espace vide pourrait-il jamais céder à ta prise ?

Ananda dit au Bouddha : "Si la nature du merveilleux éveil n'a ni causes ni conditions, alors pourquoi l'Honoré du Monde dit-il toujours aux moines que la nature de la vue dérive des quatre conditions de la vacuité, de la clarté, du mental et des yeux ? Qu'est-ce que ça veut dire ?"

Le Bouddha dit : "Ananda, ce que j'ai dit des causes et des conditions au sens mondain ne décrit pas le sens premier.

Ananda, je te le demande encore, les gens dans le monde disent : "Je peux voir". Quel est ce "voir" ? Et qu'est-ce que "ne pas voir" ? " Ananda dit : "La lumière du soleil, de la lune et des lampes est la cause qui permet aux gens dans le monde de voir toutes sortes d'apparences : c'est ce qu'on appelle voir. Sans ces trois sortes de lumières, ils ne pourraient pas voir".

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Ananda, si tu dis qu'il n'y a pas de vue en absence de la lumière, alors tu ne pourrais voir l'obscurité. Si en fait tu vois effectivement l'obscurité, qui n'est que l'absence de lumière, comment peux-tu dire qu'il n'y a pas de vue ? Ananda, si, lorsqu'il fait sombre, tu appelles ça "ne pas voir" parce que tu ne vois pas la lumière, alors vu qu'il y a maintenant de la lumière et que tu ne vois pas la caractéristique de l'obscurité, on devrait aussi appeler ça "ne pas voir". Donc, les deux aspects devraient être appelés "ne pas voir"".

Quoique ces deux aspects se contrarient mutuellement, votre nature de la vue ne cesse pas un moment. Donc tu dois savoir que la vue se poursuit dans les deux cas. Comment donc peux-tu dire qu'il n'y a pas de vue ? En conséquence, Ananda, il faut que tu saches que lorsque tu vois de la lumière, la vision n'est pas la lumière. Quand tu vois de l'obscurité, la vision n'est pas l'obscurité. Quand tu vois la vacuité, la vision n'est pas la vacuité. Quand tu vois des objets solides, la vision n'est pas les objets solides.

Et par extension de ces quatre faits, tu devrais également savoir que lorsque tu vois ta vue, la vision n'est pas cette vue. Puisque la première vue est au-delà de la seconde, celle-ci ne peut l'atteindre. Dans ce cas, comment peux-tu décrire cela comme étant dû aux causes et aux conditions ou à la spontanéité ou que ça a quelque chose à voir avec le mélange et l'unité ?

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Vous, auditeurs à l'esprit étroit, vous êtes tellement inférieurs et ignorants que vous êtes incapables de pénétrer la pureté de la réalité ultime. je vais maintenant continuer de vous instruire. Considérez bien ce qui est dit. Ne devenez pas fatigués ou négligents sur la merveilleuse route de l'Éveil".

Ananda dit au Bouddha : "Honoré du Monde, nous n'avons toujours pas compris ce que le Bouddha, l'Honoré du Monde, a expliqué pour moi et pour les autres au sujet des causes et des conditions, de la spontanéité, les attributs du mélange et de l'unité. Et maintenant; d'entendre en plus que la vue qu'on peut voir n'est pas la vue, ajoute encore une couche de confusion. Humblement, j'espère qu'avec votre vaste compassion, vous nous accorderez votre grand oeil de sagesse afin de nous montrer l'esprit éveillé pur et clair".

Après avoir dit cela, il pleura, rendit obéissance, et attendit de recevoir les instructions sacrées.

Alors, l'Honoré du Monde, par pitié pour Ananda et pour la grande assemblée, commença à expliquer en détail la merveilleuse piste de la culture de toutes les méditations de la grande formule de pouvoir.

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Et il dit à Ananda : "Quoique tu aies bonne mémoire, elle ne profite qu'à ton érudition étendue. Mais ton esprit n'a pas encore compris la subtile contemplation secrète et l'illumination de la tranquillité. Écoute avec attention maintenant, je vais te l'expliquer en détail, et faire que tous ceux dans le futur qui ont des écoulement pourront obtenir le fruit de l'Éveil.

Ananda, tous les êtres vivants tournent dans le cycle des renaissances en ce monde à cause deux vues fausses discriminantes renversées. Partout où ces vues surgissent, elles amènent à tourner dans le cycle en accord avec le karma qui leur correspond.

Quelles sont ces deux vues ? La première consiste dans la fausse vue basée sur le karma individuel des êtres vivants. La seconde consiste dans la fausse vue basée sur le karma collectif des êtres vivants.

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Qu'entend-on par les vues fausse basées sur le karma individuel ?

Ananda, prend par exemple, quelqu'un qui a des cataractes sur ses yeux de sorte que la nuit, il ne peut voir autour d'une lampe que le reflet circulaire composé de couches de cinq couleurs.

Qu'en penses-tu ? Est-ce que les couleurs qui composent le cercle de lumière qui apparaît autour de la lampe la nuit sont créées par la lampe ou sont elles créées par la vue ? Ananda, si les couleurs étaient créées par la lampe, pourquoi est-ce qu'une personne en santé ne voit pas la même chose et que seule celle qui est malade voit la réflexion circulaire ? Si les couleurs étaient créées par la vue, alors la vue serait déjà colorée; que devrait-on alors appeler la réflexion que voit la personne malade ?

Qui plus est, Ananda, si la réflexion circulaire était une chose en elle-même, séparée de la lampe, alors on devrait la voir autour du paravent pliant, le rideau, la table, et les nattes. D'autre part, si elle n'avait rien à voir avec la vue, les yeux ne la verraient pas. Alors pourquoi donc l'homme aux cataractes voit-il les réflexions circulaires avec ses yeux ?

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En conséquence, tu dois savoir qu'en fait, les couleurs tirent leur origine de la lampe, et que c'est la maladie de la vue qui cause la réflexion. Autant la réflexion circulaire que la mauvaise vue sont le résultat de la cataracte. Mais ce que voit la pellicule malade n'est pas malade. Ainsi, tu ne dois pas dire que la cause en est la lampe ou la vue ou ni la lampe ni la vue.

Considère l'exemple de ce qui n'est ni substantiel ni une réflexion. Ceci est parce que la double image de la lune n'est qu'un résultat d'une pression appliquée au globe oculaire. D'où le fait qu'une personne sage ne devrait pas tenter de chicaner à savoir si la seconde lune a ou n'a pas une forme, ou si elle est séparée de la vue ou non-séparée de la vue.

La même chose est vraie en ce cas-ci : l'illusion est créée par les yeux malades. Tu ne peux pas dire qu'elle tire son origine de la lampe ni de la vue : encore moins peut-on en dire qu'elle ne tire pas son origine de la lampe ni de la vue.

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Qu'entend-on par la fausse conception du karma collectif ? Ananda, à Jambudvipa, à côté des eaux des grandes mers, il y a une terre plate qui forme quelque trois mille continents. À l'est et à l'ouest, à travers toute l'étendue du grand continent, il y a deux-mille trois cents grands pays. Sur les autres continents plus petits au milieu des mers, il y en a peut-être deux ou trois cents, ou peut-être un ou deux cents, ou peut-être trente, quarante ou cinquante.

Ananda, suppose que parmi eux, il y ait un petit continent où il n'y aurait que deux pays. Le peuple d'un seul des pays subit collectivement de mauvaises conditions. Sur ce petit continent, tous les gens de ce pays voient toutes sortes de présages de mauvais augure.

"Peut-être verront-ils deux soleils, ou bien deux lunes; peut-être verront-ils la lune avec des cercles autour d'elle, ou un sombre brouillard, ou des nuages blancs autour d'elle, ou des comètes à longues queues, ou des comètes à petite queue, des étoiles volantes, des étoiles filantes, des "oreilles" sur le soleil ou la lune, un mauvais voile au dessus du soleil ou à côté du soleil, des arcs-en-ciel du matin, des arcs-en-ciel secondaires du soir, et divers autres signes de mauvais augure.

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Seuls les gens de ce pays les voient. Les êtres de l'autre pays ne voient ni n'entendent jamais rien d'inhabituel. Ananda, je vais maintenant résumer et comparer ces deux cas pour toi, pour les rendre tous deux bien clairs.

Ananda, examinons le cas de la fausse conception de l'être ayant un karma individuel. Il a vu l'apparence d'un reflet circulaire autour de la lampe. Quoique cette apparence lui semblait réelle, à la fin, ce qu'il a vu lui est venu des cataractes sur ses yeux. Les cataractes sont le résultat de la fatigue de la vue plus que les produits de la forme. Cependant, ce qui perçoit les cataractes est libre de tous défauts. Du même coup, tu utilises maintenant tes yeux pour regarder les montagnes, les rivières, les pays, et tous les êtres vivants : et ils sont tous produits par la maladie de ta vue, contractée depuis des temps sans commencement.

La vue et les conditions de la vue semblent révéler ce qui se trouve devant toi. À l'origine, notre éveil est lumineux. Les cataractes influencent la vue et ses conditions, de sorte que ce qui est perçu par la vue est affecté par les cataractes. Mais aucune cataracte n'affecte la perception et les conditions de notre esprit fondamentalement clair et éveillé.

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La perception qui perçoit les cataractes est une perception qui n'est pas affectée par les cataractes. C'est là la vraie perception de la vue. Pourquoi lui donner d'autres noms tels que la conscience, l'ouïe, la connaissance, et la vue ? En conséquence, tu me vois moi et toi-même et le monde et toutes les cinq sortes d'êtres vivants à cause d'une maladie de la vue. Ce que perçoit la maladie n'est pas malade.

La nature de la vraie vue essentielle n'est pas malade. Elle n'est donc pas appelée vue.

Ananda, comparons les fausses vues du karma collectif de ces êtres vivants avec les vues fausses du karma individuel d'une seule personne.

La personne individuelle aux yeux malades peut être comparée aux gens de ce pays. il voit des reflets circulaires, causés erronément par une maladie de la vue. les êtres aux destin collectif voient des choses de mauvais augure. Au milieu de leur karma de vues identiques surgissent pestilences et maux. Tous deux sont produits par une fausseté sans commencement dans la vue.

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Il en va de même dans les trois-mille continents de Jambudvipa, à travers les quatre mers du monde saha et ce dans toutes les dix directions. Tous les pays qui ont des écoulements et tous les êtres vivants sont le merveilleux esprit clair éveillé sans écoulements. Voir, entendre, la conscience et la connaissance, sont des faussetés illusoires amenées par la maladie et ses conditions. Le mélange et l'union avec cela entraîne une fausse naissance; le mélange et l'union avec cela entraîne une fausse mort.

Si tu peux laisser loin derrière toutes les conditions qui se mélangent et s'unissent tout autant que celles qui ne se mélangent pas ni ne s'unissent, alors vous pourrez également éteindre et rejeter les causes de la naissance et de la mort, et obtenir l'Éveil parfaite, dont la nature n'est ni produite ni éteinte. C'est là l'esprit fondamental pur et clair, l'éternel Éveil fondamental.

Ananda, bien que tu aies déjà réalisé que le merveilleux et clair Éveil fondamental ne tire pas son origine des conditions ni de la spontanéité, tu n'as pas encore compris que la source de l'Éveil ne tire pas son origine du mélange et de l'unité ni d'un manque de mélange et d'unité.

_____________

Ananda, je vais maintenant faire encore une fois usage des objets mondains devant toi afin de t'interroger. Tu tiens maintenant que les fausses pensées se mélangent et s'unissent avec les causes et les conditions de toutes choses au monde, et tu te demandes si l'esprit de l'Éveil qu'on réalise pourrait surgir du mélange et de l'union.

En suivant cette ligne de pensée, ici et maintenant, est-ce que la merveilleuse pure essence de la vue se mélange avec la lumière, se mélange-t-elle avec l'obscurité, se mélange-t-elle avec la pénétration ou se mélange-t-elle avec les obstructions ? Si elle se mélange avec la lumière, alors lorsque tu regardais la lumière, lorsque la lumière apparaissait devant toi, à quel point se mélangerait-elle avec ta vue ? Considérant que la vue a certains attributs, que serait la forme altérée d'une telle mixture ?

Si cette mixture n'était pas la vue, comment pourrais-tu voir la lumière ? Si c'était la vue, comment la vue se verrait-elle elle-même ?

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Si tu insistes que la vue est complète, quelle place resterait-il pour qu'elle se mélange avec la lumière ? Et si la lumière était complète en elle-même, elle ne pourrait pas s'unir et se mélanger avec la vue. Si la vue était différente de la lumière, alors lorsqu'on les mélange, autant sa qualité que la lumière perdraient leur identité. Comme le mélange résulterait en une perte de la lumière et de la qualité de la vue, la proposition que l'essence de la vue se mélange avec la lumière ne tient pas. Le même principe s'applique à son mélange avec l'obscurité, avec la pénétration ou avec toutes les sortes d'objets solides.

Qui plus est, Ananda, comme tu te trouves à l'instant, une fois de plus, est-ce que la merveilleuse et pure essence de la vue s'unit avec la lumière, s'unit-elle avec l'obscurité, s'unit-elle avec la pénétration ou s'unit-elle avec les objets solides ?

Si elle s'unit avec la lumière, alors lorsque vient l'obscurité, et que les attributs de la lumière cessent d'être, comment pourrais-tu voir l'obscurité, vue que la vue ne serait pas unie avec l'obscurité ? Si tu pouvais voir l'obscurité et pourtant qu'en même temps il n'y avait pas d'union avec l'obscurité, mais plutôt une union avec la lumière, tu ne devrais pas pouvoir voir la lumière. Comme tu ne pourrais pas voir la lumière, alors pourquoi donc est-ce que lorsque ta vue entre en contact avec la lumière tu reconnais la lumière et pas l'obscurité ?

_____________

La même chose serait vrai de son union avec l'obscurité, la pénétration ou n'importe quelle sorte d'objet solide.

Ananda dit au Bouddha : "Honoré du Monde, comme je le vois, la source de ce merveilleux éveil ne se mélange ni ne s'unit avec aucun objet mondain conditionné ni avec la spéculation mentale. Est-ce le cas ?"

Le Bouddha dit : "Maintenant, tu voudrais dire que la nature éveillée ne se mélange ni ne s'unit. Aussi, je vais te demander encore ceci : en ce qui concerne cette merveilleuse essence de la vue qui ne se mélange ni ne s'unit, ne se mélange-t-elle pas avec la lumière ? Ne se mélange-t-elle pas avec l'obscurité ? Ne se mélange-t-elle pas avec la pénétration ? Ne se mélange-t-elle pas avec les objets solides ?

Si elle ne se mélange pas avec la lumière, alors il devrait y avoir une limite entre la vue et la lumière. Examine cela de près : à quel point se trouve la lumière ? à quel point se trouve la vue ? Où se situe la limite entre la vue et la lumière ? Ananda, s'il n'y a pas de vue à l'intérieur des limites de la lumière, alors il ne devrait y avoir aucun contact entre eux, et il est clair qu'on ne saurait pas ce que sont les attributs de la lumière. Alors comment pourrait-on définir ces limites ?

_____________

Pour ce qui est de son non-mélange avec l'obscurité, avec la pénétration ou avec toutes sortes d'objets solides, le principe serait le même. Qui plus est, en ce qui concerne la merveilleuse essence de la vue qui ne se mélange ni ne s'unit, ne s'unit-elle pas avec la lumière ? Ne s'unit-elle pas avec l'obscurité ? Ne s'unit-elle pas avec la pénétration ? Ne s'unit-elle pas avec les objets solides ?

Si elle ne s'unissait pas avec la lumière, alors la vue et la lumière seraient en conflit de par leur nature, comme le sont l'ouie et la lumière, qui ne viennent pas en contact.

Comme la vue ne saurait pas ce que sont les attributs de la lumière, comment pourrait-elle déterminer clairement s'il y a union ? Pour ce qui est de sa non-union avec l'obscurité, avec la pénétration, ou avec toute sorte d'objets solides, le principe serait le même".
Dernière édition par Coeur de Loi le Lun 21 Juin 2010 20:59, édité 2 fois.
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Re: Le soutra de la marche héroïque

Messagede Coeur de Loi » Jeu 10 Juin 2010 14:50

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Re: Le soutra de la marche héroïque

Messagede Coeur de Loi » Mar 15 Juin 2010 18:16

Chapitre 1 complet en haut du post, à suivre sur la source :
http://zenmontpellier.voila.net/fr/sutr ... ngama.html



LEXIQUE

Kalavinka : "L'oiseau à la douce voix d'immortalité". Eitel l'identifie au cuculus melanoleicus, quoique l'oiseau lui-même soit allégorique et non-existant. Sa voie est entendue lors d'une certaine étape de Dhyâna dans la pratique yoguique. On dit qu'elle réveilla le roi Bimbisâra et ainsi le sauva de la morsure d'un cobra. Dans son sens ésotérique cet oiseau à la douce voix est notre égo supérieur.

Pravarana : C'est une cérémonie annuelle qui était accomplie à la fin de la retraite de la saison des pluies au cours de laquelle les moines se repentaient publiquement des erreurs qu’ils avaient commises pendant cette période de trois mois.

Kshatriya : Caste de seigneur, noble.

Chandala : Caste de paria.

Shamatha : Tranquillité.

Samapatti : Méditation.

Dhyâna : Concentration.

Shamatha : Calme.

Icchantika : Égoiste.

Mleccha : Libertain.

Svastika : Ce symbole qu'on peut décrire comme une croix composée de quatre potences prenant la forme d'un gamma grec en capitale (Γ), d'où son autre appellation de croix gammée, est notamment utilisé en Orient dans la symbolique jaïne, hindoue et bouddhique, en Chine pour symboliser l'éternité.
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