Pourquoi je ne mange pas de viande.
Le végétarisme est toujours un sujet délicat. Ce débat ne mène généralement nulle part car (plus encore que dans un autre débat) chacun reste camper sur ses positions.
Je vais tenter d’expliquer mon point de vue.
Généralement la différence que l’on tente à mettre entre l’homme et l’animal est l’intelligence.
Or la différence d’intelligence entre l’homme et l’animal n’est pas un type d’intelligence mais un degré.
L’intelligence est la faculté à s’adapter. L’animal, tout comme l’homme, s’est adapté à l’évolution de la planète durant des millions d’années.
On peut dire que l’homme de par toutes ses inventions technologiques et sa constante soif de connaissance a une quelconque supériorité sur l’animal, mais cela reste encore juste une histoire de perception.
Seulement, cette intelligence humaine (liée à aucune compassion et réel amour) finira par détruire en quelques siècles une terre existant depuis des milliards d’années !
C’est plus un signe d’avidité de la part de l’homme que de supériorité.
Un autre point est celui de l’éthique.
Est déclaré qu’un animal peut-être tué et mangé mais pas un homme.
Mais si la différence résidait dans l’intelligence, cela impliquerait qu’une personne mentalement handicapée pourrait être mangée. Ce qui n’est pas le cas.
Donc réside la question de l’éthique, dont les limites sont juste celles de l’esprit humain.
En France, éthiquement nous dirons que l’on peut manger un cochon ou un poulet mais pas un chat ou un cheval. Pourquoi ? Juste parce que notre perception l’a décidée ? Quelle est la réelle différence entre un chat et un cochon ? Y a-t-il une différence ou y avons-nous juste mis une différence ?
Ces deux animaux ont, tout comme l’homme, une représentation physique, une conscience mentale, auditive, olfactive, gustative, tactile et visuelle, des liens karmiques.
Cette différenciation n’a donc pas de sens, d’autant plus que dans un pays comme la Chine ce même chat est déclaré mangeable.
Si le but de chaque homme est le bonheur, alors pourquoi les animaux n’y auraient-ils pas accès ?
Un contre argument (qui est légitime) est de dire que d’être carnivore est quelque chose qui a toujours existé chez l’homme et est dans sa nature.
Seulement ce n’est pas parce qu’une chose existe depuis toujours qu’elle est forcément bonne.
Dans un contexte Bouddhique, nous essayons de déraciner la haine et l’ignorance qui sont en nous depuis des kalpas.
Un autre argument consiste à dire qu’une personne végétarienne n’a donc jamais connue la faim et peut se permettre d’être végétarien. (Ce qui est mon cas).
Seulement, la personne qui emploie cet argument (ou pour être moins objectif : cette excuse) n’a jamais connue elle aussi la faim.
De plus la viande a un coût plus élevé que le reste.
Egalement un troisième argument dit que s’il faut épargner chaque vie consciente alors il ne faut plus se coucher car nous tuons des acariens par exemple, en un mot : respecter chaque vie consciente serait extrémiste.
Il est vrai (que ce soit objectif ou non) que les personnes utilisant cet argument s’en servent car ils ne respectent aucune vie consciente et q’il est plus simple ainsi de se débarrasser du problème.
Pour le cas des acariens, nous en avons conscience uniquement car les scientifiques nous ont signalés leur présence.
Mais oui, il n’est pas possible de respecter chaque vie consciente.
Bien que d’un point de vue de conception Bouddhique, même si ce n’est pas le but, c’est selon moi la finalité : le parinirvâna, l’extinction complète et définitive, la fin du cycle des renaissances.
Dans le cas vraiment improbable où chaque être humain atteindrait le parinirvâna, alors d’une façon théorique (ou conceptuelle) il n’y aurait plus d’être humain, donc un respect total de la nature.
En étant végétarien, on peut être considéré comme extrême (puisque ne mangeant aucune viande et poisson et voulant respecter tous les animaux), mais d’un autre côté les personnes mangeant toutes les viandes et poissons peuvent être à leur tour qualifiées d’extrême en partant de ce raisonnement.
La voie du milieu selon moi (concernant le végétarisme) consiste justement à respecter tous la animaux qui peuvent l’être.
Mettre une araignée par la fenêtre plutôt que de l’écraser et ne pas manger de viande, ne pas sauver des acariens puisque c’est impossible : tout cela n’a rien d’extrême.
En conclusion, je dirai que tout ceci n’est que mon point de vue. Je me dois de respecter celui des autres.
Je ne cherche pas la polémique ou des débats interminables.
Difficile de ne pas vouloir imposer son point de vue... Même s’il est vrai que j’aimerai que les vies animales soient épargnées.
Mais vouloir imposer son point de vue est extrémiste. Je serai heureux au moins que tout cela vous fasse réfléchir.
En Amazonie, certaines tribus chassent pour se nourrir car c’est vital pour eux. Mais ils ont conscience du respect de la nature et ne chassent que le nécessaire.
En France on chasse pour le plaisir, c’est de l’ignorance. L’ignorance de la souffrance que l’on créé.

, mais ça donne une idée)