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Trinlé Lhamo Membre actif

Age: 26
Sexe: 
Inscription : 16 Fév 2007 Messages : 244 Localisation : clermont-Ferrand
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Posté le : 21 Juin 2008 18:50 |
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Bonjour
| Citation: | Pratiquer la méditation, ce n’est pas tenter de voir des couleurs ou des formes, ou essayer de façonner telle ou telle expérience. La méditation du point de vue du mahamoudra signifie dégager, libérer l’esprit de toutes formes d’attachement, de saisie, de vouloir, de caractérisation des choses. Plutôt que de faire quelque chose, il s’agit de défaire les liens et chaînes par lesquels l’esprit est emprisonnée. En abandonnant l’attachement aux choses comme étant réelles, on abandonnera la saisie mentale de ces choses et la volonté qui leur est attachée, et par là, l’apparence se trouvera libérée d’elle-même.
On croit souvent que méditer, c’est imposer un état vide à l’esprit, un état sans aucune pensée ni mouvement mental. Cette conception est erronée, car si la méditation était un état sans pensées, cette table devant nous serait en train de méditer ! La méditation n’a rien à voir avec le fait de créer un vide volontaire dans l’esprit ; méditer, ce n’est pas arrêter le mouvement des pensées, mais demeurer sans saisie quant à ces pensées. S’il n’y avait pas de pensées ou mouvements conceptuels dans l’esprit, qui méditerait ?
La méditation consiste donc simplement à reconnaître ce qui nous lie à l’apparence, à la manifestation extérieure, et à desserrer l’étreinte des fixations mentales. C’est opérer une détente par-rapport eu conditionnement habituel, c’est laisser cette détente créer son propre effet : les objets de la fixation tombent d’eux-mêmes, les nœuds se dénouent à leur tour.
Méditer, c’est se défaire de cette cuirasse que l’on s’est forgée, des vêtements superflus que l’on porte ; on abandonne alors les uns après les autres les vêtements conceptuels pour rester dans la nudité primordiale. Dans cette détente, est éprouvé l’état fondamental de l’esprit comme étant clarté, conscience connaissante, lucidité vive. Cette clarté de l’esprit est définie comme la conscience instantanée, immédiate, un état exempt d’élaborations mentales ou de réification. On doit simplement demeurer dans la jouissance de cet état, laissant l’esprit dans sa dimension propre, sans caractériser ou juger quoi que ce soit, sans même concevoir la notion d’une méditation.
Quand l’esprit arrive à s’établir dans cet état, il expérimente son propre espace et tous les phénomènes extérieurs et intérieurs sont perçus dans leur dimension de vacuité. Cet état n’est limité par rien, il est libre de toute orientation, sans support, et en lui est présente la connaissance fondamentale exempte de point de référence. C’est aussi un état de bonheur et de bien-être, affranchi de tout empêchement conceptuel. L’apparition de ces qualités de l’esprit est le signe du succès de la pacification mentale, Chiné [tib : zhi gnas, skt : samatha], et le développement de cette méditation, lorsqu’on est capable de demeurer absorbé dans cet état sans le perdre ou l’altérer, c’est l’obtention du « samadhi de chiné ».
Il est important de ne pas juger sa méditation, de ne pas penser que tel état est « bon », que tel autre est « mauvais », que lorsque l’esprit est calme nous faisons une « bonne méditation », que lorsqu’il est agité, nous faisons une « mauvaise méditation ». Lorsque ce genre d’idées s’élève pendant la méditation, il faut diriger son attention vers celui qui juge ainsi, vers la conscience qui évalue la méditation. Par l’introspection, cette conscience se découvre comme dépourvue de forme ou de couleur ; l’observateur est privé de toute spécificité qui pourrait prouver son existence. Comme on l’avait fait pour l’objet perçu, on retrouve la dimension vide de l’esprit percevant, l’absence de réalité du sujet. Donc, quels que soient les phénomènes qui s’élèvent dans l’esprit, on les traite ainsi : on ne tente pas de prévenir leur apparition ou de les faire cesser lorsqu’ils sont là ; on ne les suit pas non plus, mais on les contemple pour ce qu’ils sont. Chaque fois que l’on reconnaît l’essence par le regard direct, on retrouve la dimension de l’esprit inobstrué, libre d’entraves.
Méditer en cherchant à l’extérieur quelque chose de plus débouchera sur une sensation de manque. C’est exactement le processus inverse qu’il faut appliquer : nous déposséder de ce qui encombre l’esprit en nous tournant vers l’intérieur, jusqu’à l’état spontané où ne subsiste ni recherche ni souffrance – la plénitude omniprésente.
La dimension naturelle de l’esprit est le dharmakaya. Celui-ci est par nature spontané. La seule manière de rencontrer l’esprit est de l’harmoniser avec cette nature libre de causes. Seul un état de détente et d’ouverture peut permettre à cette essence spontanée de s’élever d’elle-même. |
Les Emotions de Lama Guendune Rinpoche. Editions Dzambala
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Seunam Gyamtso Membre d'honneur

Age: 29
Sexe: 
Inscription : 09 Jan 2006 Messages : 2829 Localisation : Coulommiers 77
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Posté le : 23 Juin 2008 10:25 |
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Bonjour Trinlé Lhamo,
Merci de nous faire partager cet enseignement fondamental sur la méditation du calme mental (Shiné/Samatha) selon la lignée du mahamudra, qu'as sur clairement expliqué Guendune Rimpotché, on ressent bien qu'il avait complètement réaliser cette pratique et parle avec son expérience.
cet enseignement dissipe des vues erronées souvant présentes chez le méditant, qui "cherche" un état méditatif, qui "veux faire" le vide dans son esprit, alors que ce n'est rien de tel.
Amicalement,
Seunam
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